age de la grossesse

Age de la Grossesse : Halte aux Statistiques

Ma Minute Rebelle,Version soft

Chez la Maman que je suis, sommeille une rebelle, qui se réveille de temps à autre.

Et il y a un sujet, qui revient à intervalles de plus en plus réguliers et fréquents dans la presse, qui déclenche invariablement un accès de rébellion chez moi ; l’âge limite pour avoir un Bébé.

Une étude statistique du Karolinska Institute de Stockholm et de l’Université de Bergen, qui vient d’être publiée dans la presse médicale, est largement relayée ces jours-ci dans les médias, avec des titres des plus anxiogènes pour toute femme normalement constituée et en désir d’enfant, dont un qui a allumé particulièrement la mèche chez moi : “Maternité : l’âge limite pour avoir un enfant pourrait être atteint plus tôt qu’on ne le pense

Age Limite

Age limite ??? ne serais-je qu’à mettre au même niveau qu’un objet pour être ainsi quasiment comparée à une voiture qui doit rouler à une vitesse limite sur l’autoroute, allez 130 km/h max, 110 par temps de pluie. Au-delà, c’est l’infraction, risque d’amende voire plus (limite délit..), ou alors à un produit alimentaire avec une date limite de consommation (au delà, risque d’intoxication ?)

L’introduction frappe même encore plus fort, le poids des mots, le choc du sous-entendu : l’article qui se base sur une étude suédoise (voir références en Note 1), nous précise d’entrée de jeu “L’année des 35 ans est souvent désignée comme étant la date limite pour avoir un enfant sainement”, le ton est donné… Date limite pour procréer sainement, à l’instar d’une date limite de consommation.

Et si on fait un bébé après la “date limite”, on risque quoi ? une amende ? c’est un délit ? c’est répréhensible ? ce ne sera pas “sain”, on explose en vol ? si on fait un bébé après cette fameuse date, la société décline toute responsabilité ??

Alors je m’insurge, je me révolte, et plutôt deux fois qu’une.

La Preuve Par 2

 Nous sommes devenus parents à 43 ans,

Nos jumelles dizygotes sont nées par voie basse

au terme de 8 mois d’une grossesse gémellaire spontanée

sainement

sereinement

Notre double bonheur va certainement paraître injuste à certains et certaines, et je ne souhaite en aucun cas les blesser ou remuer le couteau dans la plaie. Je peux les comprendre, je peux imaginer leurs souffrances pour devenir parents, j’ai autour de moi des couples, souvent plus jeunes que nous, qui sont passés par les affres de la PMA et des FIV avec +/- de réussites, d’autres qui ont vécu également des moments extrêmement difficiles avec des grands prématurés, je sais tout cela.

Mais ce n’est pas en culpabilisant les couples et futurs parents ni en leur “collant la pression” avec des “vite vite, faites un BB avant vos 35 ans” , qu’on leur envoie un message positif et qu’on les rassure, qu’on leur donne confiance en eux.

Pourquoi toujours faire peur aux gens, les angoisser, leur agiter le spectre de potentielles difficultés ?

N’en déplaise à tous les statisticiens et autres moralisateurs, la vie ne se résume pas à une affaire de chiffres, le cheminement de nos vies n’est pas une science, la vie, la vraie vie, ne se maîtrise pas comme le clavier de votre ordinateur :

PREGNANCY Tag Cloud (pregnant silhouette birth mother baby)

  • Parce que statistiquement, s’il y a bien des couples qui ont des difficultés à avoir un enfant et ont besoin de l’aide de la médecine pour y arriver, il y en a aussi qui ne rencontrent pas de difficultés pour en avoir,
  • Parce que statistiquement, il y en a qui deviennent parents à 20 ans, d’autres à 30, d’autres à 40, d’autres encore plus tard,
  • Parce que statistiquement, tous les couples ne se forment pas au même âge,
  • Parce que statistiquement, le désir d’enfant ne naît pas chez tous les couples au même âge non plus,
  • Parce que statistiquement, nous ne sommes pas tous et toutes, prêts à élever et assumer la responsabilité d’un enfant au même âge,

Parce que l’étude à l’origine de cet article conclut que l’augmentation du risque est “infime” pour une femme, mais “important” pour la société.. nous y voilà donc.

Parce que la conclusion de l’article précise “[…] il serait préférable de bien informer hommes et femmes de l’importance de l’âge dans une grossesse. Une éducation qui devrait même si possible commencer sur les bancs de l’école.”

STOP, Arrêtez

Je veux que mes filles soient libres,

libres de penser, libres d’apprendre, de se forger leurs opinions,

Je veux qu’elles soient libres de construire leur vie,

De construire une vie de famille si elles le souhaitent, et quand elles se sentiront prêtes,

peu importe que ce soit à 20, 30 ou 40 ans, ou plus.

Et surtout, je voudrais qu’elles puissent, à leur tour,

répondre à leurs enfants, si elles en ont,

ce que nous leur répondons aujourd’hui :

“Maman, pourquoi vous avez fait 2 bébés ?

Parce que Papa et Maman s’aiment très fort”


Note 1 : comme la publication scientifique n’est pas sourcée dans les articles que j’ai parcourus sur cette étude (mon métier ressort…), j’ai fait mes recherches :  l’étude complète est ici: http://ki.se/ki/jsp/polopoly.jsp?d=2637&a=171721&l=en&newsdep=2637

Les références exactes de la publication sont : Ulla Waldenström, Vigdis Aasheim, Anne Britt Vika Nilsen, Svein Rasmussen, Hans Järnbert Pettersson, Erica Shytt / Adverse Pregnancy Outcomes Related to Advanced Maternal Age Compared With Smoking and Being Overweight / Obstetrics and Gynecology, online 6 december 2013

 Note 2 : vous savez quel est leur prochain sujet de recherche ???? devinez : la naissance à un âge “avancé” du 2ème ou du 3ème enfant (“The research team will now be looking at the possible consequences of giving birth to your second or third child in advanced years“) ; allez, souriez….