Anti-âge

J’adore les crèmes, je me tartine de crème, matin et soir, le visage, les yeux, les mains, le corps, j’adore ça. Depuis que je suis ado. Mais non, décidément non, je ne parlerai pas de crèmes, ce n’est pas le sujet.

Dans le Chaudron

Mon chaudron bouillonne, presque au bord de l’explosion :  La cause ? une trop grande propension, limite manie obsessionnelle, de notre société à systématiquement classer, ranger, catégoriser les individus par l’âge, voire par tranche d’âge (te je ne vous parle pas des autres cases, une seule à la fois). Une vraie lutte des âges, les un(e)s et les autres essayant de justifier leurs choix de vie, leurs décisions par rapport à leur âge, versus les autres. On se rassure, on se déprime, on se compare, on se justifie, on se critique au au contraire on s’auto-félicite. On se sent supérieur, ou au fond du trou, on se croit parfait(e), ou alors nul(le) de chez nul(le).  Ou alors on passe par toutes les étapes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. And so what ?

Pouf

Sachant que l’être humain fonctionne sur le mode de la comparaison avec ses congénères, ça marche à tous les coups : il/elle peut se rassurer ou au contraire déprimer si on lui explique que les étapes de sa vie sont dans la norme, ou pas. Et il semble désormais communément admis, ou du moins communément martelé, qu’à chaque tranche d’âge correspondent des étapes de vie bien précises, qui ne peuvent être réalisées que dans ladite tranche d’âge sous peine de passer pour un(e) extraterrestre. En point d’orgue, l’âge de la maternité qui explose tous les records en matière de critiques, jugements, remarques, conseils, etc. Quel que soit l’âge d’ailleurs.

Alors je pourrais vous expliquer ici “voilà, moi j’ai eu mes enfants à tel âge, et bla et bla et bla“. Certes, je pourrais. Mais en réalité, on s’en fiche. Je m’en fiche. Vous vous en fichez.  Je n’écris pas ce laïus pour me justifier de mes choix. Un peu de logique (avec moi-même) que diable !

Oups

J’ai arrêté de prêter attention aux discours qui, sous couvert de politiquement correct et de l’air du temps, se veulent libérés mais sont finalement enfermés dans leurs propres contradictions : car comment peut-on imaginer faire accepter “son âge” si on n’accepte pas celui des autres surtout avec des mots parfois violents, durs … On peut avoir des opinions différentes, des avis divergents, débattre, critiquer, et c’est ce qui nous fait avancer. A condition de ne pas franchir la ligne. Or ça fuse de tous bords : société en général, média, personnes, qui ne regardent pas plus loin que le bout de leur/notre date de naissance.

Personne n’est parfait (heureusement), personne ne maitrise entièrement tous les pans de sa vie, et surtout, personne ne peut décider de la vie d’une personne à sa place. Alors oui, je suis devenue Maman quand je le voulais bien, et surtout, parce qu’avant, je n’en avais pas envie, mais alors pas du tout. Je vis ma vie, pas celle des autres, et je ne la vis pas par procuration. J’essaye d’être fidèle à moi-même, de suivre autant que faire se peut mon libre-arbitre, et toujours dans la mesure du possible, de respecter les choix des autres pour autant qu’ils sont parfaitement à l’aise avec ET respectent les miens. J’essaye, j’y travaille. Dur.

Des contraintes ? on en a toutes et tous plein la vie (par dessus la tête en fait), des contraintes horaires, professionnelles, personnelles, des règles de vie en société … alors si on se peut préserver des espaces de vie dans lesquels on peut (essayer) justement “faire à notre sauce”, celle qu’on appelle ‘vie privée’ en particulier, ne nous privons pas ! Parce qu’au fait, on en a qu’une seule, une seule vie…

Aujourd’hui, les seules bougies qui ont un sens à mes yeux sont celles de mes filles, parce que du haut de leur 4 ans, elles symbolisent tellement de promesses, de rêves, de poésie, sont encore suffisamment innocentes …

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Shake my Age

Dans un shaker, jeter en vrac humour tous degrés (y compris décapant), bonnes et mauvaises surprises, les hauts et les bas, les victoires et les claques, des larmes et des rires, des joies et des peines, des réussites et des échecs … une bonne pincée de sel, du poivre, beaucoup de piment, sucre, des bulles à volonté

Fermer et secouer vigoureusement

Rajouter de la poussière de rêves, beaucoup de poussières de rêves, des tonnes de poussières de rêve et essayer d’attraper celles qui s’envolent

A consommer sans modération, en regardant devant soi

Résultat sans aucune garantie si ce n’est la satisfaction d’avoir essayé (et peut-être réussi, peut-être…)


Oups, oups, oups, je dois y aller moi, vite j’ai un (un seul ?, deux, trois ?) pot de crème qui m’attend dans ma salle de bains …

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Note: ce billet n’engage que moi, n’est dirigé contre personne en particulier, mais contre un ‘formatage’ qui me gêne beaucoup, vraiment beaucoup.