Ils ont 50 ans et ils vivent comme des trentenaires : enquête sur les “quinquados”

Tel est le titre accrocheur d’un article du 21  mai publié sur le site de Marianne.net, et que j’ai découvert l’autre soir via les réseaux sociaux.

Du coup, comme je suis à quelques mois de mes 50 bougies, le titre a piqué ma curiosité et je suis allée lire. Et après lecture, j’hésite encore entre rire (de moi et de l’article), et consternation. J’y apprends que je suis malgré moi dans une nouvelle catégorie pseudo sociologique, une de plus. Je suis déjà dans celle des “grossesses tardives” avec toutes les suspicions que les gens ont forcément en tête, dans celle des “parents connectés“.

Jamais 2 sans 3 dit le proverbe ? et bien voilà la 3ème catégorie.

Mais qui est donc le Quinquado ?

Le portrait du “quinquado” se dresse essentiellement à partir de raccourcis et de comparaisons intergénérationnelles qui font sourire. Après tout, il y a aussi des trentaines qui vivent comme des ados, on ne les appelle (pas encore) des trentados.

Vivre comme un Adolescent

Il parait donc que les quinquados, ceux qui ont entre 45 et 55 ans, vit comme des adolescents. Première nouvelle. Mon adolescence, je la passais avec mes potes, ou à réviser mes exams pour le bac puis à la fac, et à faire des petits boulots l’été et pendant l’année. Mon adolescence a été marquée par les premiers cas de SIDA début des années 80, les incertitudes et contre-vérites qui étaient alors présentées, la chute du bloc de l’Est avec la chute du Mur de Berlin, et les images de Tien An Men.

Alors aujourd’hui, est ce que je vis toujours comme une ado ? récapitulons, je suis indépendante financièrement depuis belle lurette (ce qui n’était pas le cas quand j’étais ado), je ne vis plus chez Papa Maman depuis belle lurette non plus (non, Tanguy n’a pas 50 ans).

Je suis devenue Maman à 43 ans et à part le fait d’avoir des nuits courtes pour causes de biberons, je trie mes factures, et je cherche encore l’insouciance légendaire de mes 18 ans. Je n’aime pas les remake des films et des émissions de ma jeunesse car je considère que c’est une absence de créativité que de faire du réchauffé, mais je reconnais que ma playlist est largement composée de groupes des années 70-80.

Un article suisse sur le sujet précise que : “Les spécimens féminins sont proches de leurs filles adultes avec qui elles partagent t-shirts et, parfois, petits copains. Les prototypes masculins aiment les jeux vidéo, le sport à haute dose et les soirées qui durent jusqu’au petit matin.

Oh. My. God. En plus, je suis un “spécimen féminin” scruté à la loupe. Sauf que moi je ne risque pas de partager les robes taille 8 ans de mes filles. Elles se les partagent entre elles -;) Ok, parfois, je reconnais que leurs fringues sont super sympa et que les stylistes pour enfants ont parfois + de goût que les stylistes pour adultes. Mais bon, ça s’arrête là en ce qui me concerne. Et si des mères échangent leurs fringues avec leurs filles, où est le problème ? est ce que ça en fait automatiquement des nostalgiques de leur propre adolescence ? ou est ce simplement parce que ça leur plait ?

Quinquado

 

Soin de l’Apparence

Non mais franchement, est-ce que celui ou celle qui a pondu cet article a réfléchi juste deux secondes ? est-ce que cela sous-entend qu’auparavant, toute personne de 50 ans se laissait totalement aller, ne prenait pas soin d’elle et de son apparence en fonction des ses goûts ?

Ou alors est-ce une façon déguisée de dire que cette catégorie a recours au botox ou à la chirurgie esthétique ? bizarrement, quand je regarde la presse féminine et les people, j’ai plutôt l’impression que ce sont les – de 45 ans qui y ont recours mais bon, passons.

En ce qui me concerne, je suis toujours habillée et maquillée, même malade, même le weekend.  Rien à voir avec mon âge donc. C’est juste une habitude et ma façon d’être. Et si je n’ai pas envie de montrer la couleur de mon tanga à tout le monde à la caisse du supermarché,

Pour autant, Marie Claire publie un article le 10 juin intitulé “7 Pièces qu’on devrait éviter de porter à 40 ans“.  De toute évidence, la journaliste ne doit pas avoir 40 ans et en être très loin, doit craindre que les quadras n’aient plus de prestance qu’elle, et surtout, n’a pas lu l’article sur les Quinquado. De mon côté, j’attends avec impatience le prochain article qui s’intitulera “10 pièces qu’on devrait absolument porter à 50 ans” et qui me demandera d’aller m’habiller chez Damart au lieu d’aller chez Zara.

Et puis, c’est pas un peu du sexisme interféminin ça, j’ai toujours pensé que les femmes étaient leurs propres pires ennemis. Pour le reste, je lui répondrai juste que chacune, quel que soit son âge, s’habille bien comme elle veut. Je sais pourquoi je ne suis pas prête de renouer avec la presse féminine en dehors de Flow.

Refus du Train-Train

Le train-train, je ne l’ai jamais aimé, ni à 20, ni à 35, encore moins à 49 c’est vrai. L’ennui me déprime, et je passe mon temps à tirer des plans sur la comète. J’ai tiré une grande croix sur la carrière, par choix, pour privilégier d’autres aspects de ma vie.

Peur de mûrir ? Disons que la vie nous réserve des tours à sa façon pour nous faire mûrir ou pas. Certains fuiront les difficulté à 20 ans, d’autres à 30 ou à 60. Je ne suis pas certaine que ce soit une spécificité de la tranche 45-55. Quant à la mort, il faut par contre bien avouer qu’on se rapproche inexorablement de la ligne d’arrivée et qu’on a souvent déjà enterré des copains, des collègues, de la famille.

La grande différence avec les ados, c’est ça. La vie nous a donné des claques, ou fait de grands sourires : on appelle ça l’expérience, et quoi qu’on en dise, nos comportements à 50 ans sont forcément marqué par nos années passées. Mais on continue de croire à la vie et on continue d’avoir envie d’en profiter. A Fond.

J’ai le sentiment que le culte du jeunisme de notre société atteint un tel paroxysme qu’il faut rechercher dans le comportement de toutes les tranches d’âges un rapport, une nostalgie, avec la jeunesse des uns et des autres. Et cette façon de voir les choses me gonfle spontanément, parce qu’elle ne s’arrête qu’aux apparences. Exactement comme les magazines féminins qui dès le mois de mars nous bombardent d’articles sur les régimes pour l’été. Zut.

Heureusement, j’aime beaucoup la conclusion du quotidien Suisse Le Temps :  “Visiblement, ils assument. Refus du train-train, de la carrière, envie de s’amuser, goût des blagues, dialogue facile avec les plus jeunes, soin de l’apparence : les quinquados se sentent ouverts, pleins d’entrain, confrontés à un avenir et pas seulement à une fin. Décomplexés, en somme. Et devinez quoi ? En plus, ils n’ont pas de Rolex.”

Quinquado ou pas, on vit bien comme on en a envie, et on ne va pas s’excuser d’être (enfin ?) bien dans nos baskets.

Et n’en profitez pas pour me transformer en une nouvelle cible marketing. Oups, trop tard, c’est déjà fait ? Mince alors, c’était donc ça-;)))