happy-body-twinsandus

J’ai commencé à écrire ce billet au mois de janvier. Puis je l’ai abandonné. Les beaux jours arrivant, les magazines ressortent leurs bons vieux clichés de régimes et de corps soit-disant parfaits. Mais si jamais vous pensez que toutes les blogueuses n’ont pour ambition que de rentrer dans les clichés, je vous conseille d’aller lire La Penderie de Chloé ou encore Croque Madame.

Moi, après les avoir lues, j’ai eu envie de reprendre mon brouillon, de parler de mon corps, et même de faire le selfie qui prouve que mon corps n’est pas celui d’une je ne suis pas une vraie blogueuse mode 🙂

Dans une société où l’image fait la loi presque toute seule, le corps est étalé partout sur papier glacé ou sur le web : avec des jambes de 1,20 mètre de long, des bras tout aussi longs, la taille de guêpe et le décolleté plongeant, parfois avec les fesses tellement rebondies par le silicone là où on ne l’attendrait pas forcément, les seins qui tiennent debout tous seuls. Photoshop par ci, photoshop par là ? un peu, beaucoup, à la folie.

Mon corps, moi, je l’ai moyennement adopté au moment de l’adolescence. L’apparition soudaine de ses seins que je n’avais pas demandé m’a beaucoup énervée. Au fil des années, on a appris à vivre ensemble, lui et moi. Comme je suis une épicurienne, j’ai vite compris que les régimes pour ressembler aux critères des magazines ne seraient pas pour moi, surtout que ça ne donnait aucun résultat sur la seule partie de mon corps que je voulais gommer, les fameux seins. Alors comme j’ai horreur des contraintes inutiles, une bonne dose de flemme aussi, et que je ne suis pas suffisamment maso, ce mot a vite été banni de mon vocabulaire.

Le corps et l’image de la femme

L’expression qui dit “il faut souffrir pour être belle“, mais pas “il faut souffrir pour être beau, lol, me met elle en colère. Et elle me renvoie une certaine notion d’esclavage 2.0, et non, la beauté n’est pas synonyme de souffrance. Merde à la fin.

Ok, je reconnais que je n’ai pas trop à me plaindre non plus. Mais l’image qu’on a de son propre corps et de son image est souvent très différente de celle que voit les autres. Toujours est-il que ça ne m’empêche pas d’adorer la mode, les vêtements, et j’ai appris à faire avec mon corps justement, et mes goûts, et ce que j’ai aussi envie de montrer, ou pas. Moi, comme les autres, j’essaye de composer avec mes complexes, ou en tout cas avec ces parties de mon corps et de mon image que je n’aime pas forcément beaucoup.

Le pic de stress est atteint avec l’épreuve du maillot de bain : Le koh-lanta annuel des femmes. La pression est d’ailleurs savamment orchestrée par les magazines et les sites qui, dès le mois de janvier, vont remplir leurs pages de rubriques, conseils et autres pubs pour nous faire perdre des vrais, ou des faux kilos. Et d’ailleurs, j’avais déjà dit ce que j’en pensait sur le blog à propos du fameux “sculpte ton body à bikini“, oui, vous avez bien lu. Bref. Mais ça doit faire vendre puisqu’on y a droit chaque année.

Mon Corps te demande …

Et puis un jour, Bébé s’installe dans ce corps de femme. Ah la grossesse, on pourrait croire qu’on va nous laisser tranquille avec notre corps ? Et bien non, encore raté : les magazines et webzines dégoulinent de Elle prend pas assez de poids, elle en prend trop, elle ne le perd pas assez vite après l’accouchement, elle a retrouvé sa ligne en 3 semaines, attention à votre poids pendant la grossesse, comment maigrir après l’accouchement … STOOOOOP, on ARRÊTE TOUT  ! Laissez-le tranquille ce corps.

Moi, ce sont deux bébés en même temps qui se sont installés pendant 8 mois dans mon ventre. Pendant la grossesse, mes jumelles m’ont gentiment mais fermement poussé les côtes, histoire de gagner un peu de place en poussant les murs.  Je crois bien que mes côtes n’ont pas tout à fait repris leur place après, mais qu’importe, l’essentiel était là, mes deux filles.

… de la Bienveillance

Avec le recul, mon rapport avec mon corps a complètement changé avec et après la grossesse. Déjà, c’est la grossesse qui m’aura fait découvrir que les robes, c’est finalement sympa. De toute façon, quand ton tour de ventre a dès le 5ème mois de grossesse atteint celui d’un terme pour une grossesse simple, tu n’as plus tellement le choix si tu veux continuer à t’habiller jusqu’à l’accouchement.

Hasard de la nature, je n’ai pas eu de problème de poids ni pendant la grossesse, ni après, c’est comme ça. Seul mon nombril est resté très moche, il n’a pas vraiment retrouvé sa forme d’origine. Crétinos. Mais je lui pardonne vu ce qu’il a supporté pendant 8 mois de grossesse.

Quoi ? mais alors, pas de #bikinichallenge ?

Eh non, surtout pas de séance de torture, ni #bikinichallenge ni #tbc, j’aime pas ça. Si je fais du sport, c’est pour le plaisir de me défouler et de rester en forme (pas en formes lol). De toute façon, des bikinis, je n’en mettais déjà pas avant la grossesse. Pourquoi ? imaginez une seconde la vie éphémère d’un bikini quand on fait du surf ou du bodyboard dans les rouleaux de l’océan …

Depuis la grossesse, je n’ai pas envie de montrer mon nombril plus très joli, c’est vrai. Même si une rééducation périnéale de compét a permis de corriger presque complètement le fameux diastasis (pour celles qui n’ont jamais eu de bébé, c’est quand les muscles abdominaux s’écartent complètement pour faire de la place à bébé, euh pardon, aux bébés).

Au fond, ce qui m’agace beaucoup, c’est cette contradiction permanente : d’un côté on dit que les femmes doivent être traitées de la même manière que les hommes, qu’il faut arrêter le sexisme à toutes les sauces, mais en même temps, on leur “impose” cette dictature de l’image à grand renfort de pub et de messages pas toujours très malins. Ça m’énerve, pas vous ? Personne n’a le droit de me dire ce que je dois faire de mon corps, ni même à quoi il doit ressembler. C’est le mien, jusque dans son image, et mon corps n’est pas le clone d’un autre corps, pas plus que le vôtre.

Pour terminer et être franche jusqu’au bout, je rajouterai que si les nanas pouvaient arrêter de se jauger entre elles derrière leurs lunettes de soleil ou même sans lunettes de soleil, ce serait sympa aussi. Car les pires réflexions, les plus méchantes, sur le physique des femmes, sont celles que j’ai entendues prononcer par des femmes. Voilà, c’est dit.

En conclusion, et si je peux me permettre de reprendre le titre de La Penderie de Chloé dans le billet que je vous citais plus haut, Mon Happy Body devrait presque devenir notre devise. Je mesure 1,65 cm, quand je me pèse chez le gynéco une fois par an, la balance affiche 59kg (sinon je ne me pèse jamais) depuis que j’ai arrêté de fumer il y a 10 ans, et j’ai 50 ans depuis le mois de janvier. Et je le vis pas trop mal, presque bien même.