derogation reforme rythmes scolaires

Publier le décret du retour à la semaine de 4 jours un 27 juin, non mais allo quoi !

Voilà, c’était facile de le dire, je le dis, et voici pourquoi. Car si toi aussi tu es parent, ou si tu es enseignant, ou tu diriges une association, tu n’es pas sans savoir que la réforme des rythmes scolaires fait à nouveau parler d’elle.

La Réforme des Rythmes Scolaires

Petit retour 3-4 ans en arrière : voté et “imposé” à toutes les écoles publiques en 2013 par le précédent gouvernement, sans même envisager de prendre en compte les difficultés et les coûts de mise en œuvre par les municipalités, la réforme des rythmes scolaires imposait de passer de 4 à 4,5 jours de temps scolaire par semaine. Rappelez-vous, nos enfants étaient trop fatigués, apprenaient mal, et c’était la faute non pas à Voltaire, mais aux rythmes scolaires. Les “trous” devaient alors bouchés avec des activités culturelles, sportives, artistiques.

Dans sa grande mansuétude, le gouvernement d’alors laissait le temps aux municipalités et à toutes les personnes concernées de se creuser les neurones et de racler les fonds de tiroir pour trouver la meilleure organisation et la financer, c’est-à-dire celle qui satisferait les enseignants, les parents, et accessoirement les enfants.

Heureusement, certaines municipalités, dont celle où je vis, avaient pris le temps de consulter tout le monde, de consulter aussi les associations culturelles, artistiques et sportives du territoire, pour trouver un consensus le mieux adapté possible, soulignant au passage que la réforme n’était pas adaptée aux maternelles. La réforme des rythmes scolaires avait dont été mise en place pour la rentrée scolaire 2014-2015.

Pour ce faire, il y eut un petit tour de passe passe financier, le périscolaire jusqu’alors gratuit était devenu payant, et les fameux TAP étaient gratuits. La bonne blague.

Depuis, au cours de ces 3 ans donc, en tant que parent, j’avais l’impression qu’on avait trouvé un rythme de croisière : tant au niveau des enseignants, que des enfants et des activités, que des parents  – le législateur semble en effet avoir encore oublié qu’on travaille, et que toutes les mamans ou les papas ne sont pas à temps partiel le mercredi, ou n’ont pas de papy-mamy sous la main pour jouer les nounous ou les taxis ce jour-là. Bref.

Comment ça vous avez trouvé votre rythme ? Grande nouvelle alors, on casse tout et on recommence autre chose.

Voilà que le gouvernement fraîchement élu il y a quelques semaines avait annoncé qu’il donnerait avant l’été par décret la possibilité aux communes qui le souhaitaient de revenir sur ces rythmes scolaires. Ce fameux décret a été publié au JO le 27 juin 2017.

Clic là si tu veux faire voler en éclat ta belle organisation de parent : Décret n° 2017-1108 du 27 juin 2017 relatif aux dérogations à l’organisation de la semaine scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires publiques

Le. 27. juin. 2017.

Pas le 27 mars, ou le 27 octobre. Non, le 27 juin.

Bon. Alors ok, je dis : Pourquoi pas, en effet, laisser le choix à chaque municipalité en concertation avec toutes les parties concernées ?

Mais.

Mais pourquoi se précipiter à quelques jours des vacances d’été, pourquoi vouloir mettre ça en application dès la prochaine rentrée scolaire, alors qu’on avait judicieusement pris le temps de réfléchir pendant 2 ans ?

L’articulation des temps dans la Vraie vie

Concrètement, moi le mercredi matin, je bosse. Leurs activités du samedi matin vont probablement se retrouver transférées le mercredi matin. Sachant que mes filles sont jumelles, et que tous les parents des copines ne sont pas équipées d’un mini-bus pour faire le taxi de tous les mômes. ET que nous n’avons pas de papy ou mamy pour faire le taxi à ma place.

Et bien entendu, c’est donc en juillet que ça va se décider, en juillet qu’on saura si et comment on repasse à la semaine des 4 jours, en juillet que les associations devront informer des changements de programmes de cours, en juillet que les jeunes embauchés pour assurer les TAP jusque là sauront qu’on n’a plus besoin d’eux, en juillet que les parents qui n’ont pas d’autres solutions que de mettre leurs enfants au centre de loisir le mercredi devront remplir les dossiers.

C’est pas comme si on n’était pas le 28 juin, (oui le décret a été publié hier, mais ce matin, mercredi, je bossais et là je m’occupe un peu de mes filles)

C’est pas comme si certains partiront en vacances en juillet,

C’est pas comme si souvent les services administratifs ferment en août,

C’est pas comme si on avait tous des papy et des mamy encore vaillants et habitant à côté pour s’occuper de nos enfants.

C’est pas comme si on peut adapter son rythme de boulot d’un claquement de doigt,

C’est pas comme si on ne pouvait pas se donner un an de réflexion, il n’y avait aucune urgence médicale ou sanitaire ou de tout autre ordre à se précipiter.

Comme dirait l’autre, faire et défaire, c’est toujours travailler, et ce sera bien notre seul lot de consolation en attendant de nous adapter, une fois de plus.