Elles vont avoir 6 ans et demi dans quelques jours, elles sont au CP depuis le mois de septembre. Et depuis plusieurs mois, je me fais cette réflexion : déjà ?!?

Déjà, elles ne nous calculent plus pour rentrer à l’école. Finis les bisous et les au-revoir de la main, elles foncent dans l’école rejoindre leurs copains et copines. Nous, cette année, on se contente de les amener devant le portail du CP, de surveiller qu’elles rentrent bien dans l’école. Et voilà. A ce soir les filles !

Déjà, elles ne sont plus accrochées à ma main quand on va découvrir de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes. Ou même, comme ce matin lorsque je les ai déposées à leur stage artistique des vacances. On a déposé les affaires, on est passées par l’accueil, et hop. Elles m’ont plantée là, dans le hall.

Déjà, l’inconnu ne leur fait plus peur. Oh certes, le fait d’être deux et se soutenir mutuellement est une force, la gémellité a ses avantages que je mesure bien. Du coup, déjà, il va falloir que je commence à leur expliquer qu’il faut parfois se méfier de l’inconnu.

Déjà, elles me demandent d’aller à l’école toutes seules. Alors, non, je leur ai expliqué qu’en CP, elles étaient trop jeunes pour ça.

Déjà, il me semble loin le temps où j’étais le centre de leur univers.

Alors oui, si je suis une Maman qui conçoit d’élever ses filles pour qu’elles sachent se débrouiller dans la vie sans moi, mais en me projetant dans l’avenir lointain. Du style quand elles auront 18 ans lol.

Certes, je suis moi-même tellement indépendante qu’instinctivement, je les élève dans ce sens. Attention, ça ne veut pas dire que je vais leur demander de se jeter dans le vide si elles ont peur. Surement pas. Je respecte leurs peurs, leurs angoisses, leurs appréhensions. J’essaye autant que possible de les aider à les comprendre.

Alors si d’un côté je sais que leur nouvelle étape vers l’indépendance est normale, et me rassure, d’un autre côté, je réalise qu’elles grandissent vite, très vite.

Parce que, quand même, ces petits bisous qu’elles me plaquaient sur les joues en me serrant fort quand je les déposais à l’école ou en activités, et bien ils me manquent déjà.

Déjà