Mes Parents, ces Héros

Devenir parents, ce n’est pas seulement mettre un enfant au monde. C’est même là qu’on rentre dans le vif du sujet. Et pour ça, on puise bien souvent et spontanément dans nos racines pour transmettre, au moins en partie, ce que nos propres parents nous ont eux aussi transmis de leurs propres parents et ainsi de suite.

Devenir parents, c’est parfois être confiant. Parfois douter. Est-ce une raison pour nous culpabiliser et renier l’éducation de nos propres parents ?

Ces derniers temps, je lis parfois, avec stupéfaction toujours, une quantité impressionnante de messages sur la parentalité qui me font un peu froid dans le dos.

A moins de vivre dans une grotte, qui parmi vous n’a pas lu ou entendu ces messages plus ou moins subliminaux qui nous laisseraient entendre que nous ne sommes pas des bons parents ?

A les écouter, on ne sait pas s’y prendre, on fait tout de travers, on n’élève pas correctement nos enfants, on les rabaisse, on est presque des bourreaux si on élève la voix, il ne faut surtout pas dire qu’on met une punition, on est des sous-mères si on ne donne pas le sein, il faut laisser nos enfants décider de tout et de rien, il ne faut surtout pas leur donner une note à l’école car les pauvres, ça va les déprimer, il faut s’excuser auprès d’eux de leur demander de ranger leur chambre …

En revanche, il est de bon ton d’expier sur la place publique tous nos péchés de #badmother ou #badfather supposés. Grrrr

Au-delà des débats sur le bien-fondé ou la 5ème dimension de ces dogmes, le corollaire de tout ça est tout aussi dérangeant car tous ces beaux discours laisseraient à penser que tout ce que la façon dont nos parents, leurs parents, bref les générations antérieures, nous ont élevés est nulle, qu’ils ont pratiquement fait de nous des êtres incapables d’élever à leur tour des enfants.

En extrapolant encore un peu plus, ça voudrait dire que je suis un produit issu de la nullité, donc par défaut, je suis nulle puisque je me suis construire sur des bases nulles ?

Allez, jeune parent débutant ou pas débutant, déjà tu mets du temps à trouver des marques dans tes nouvelles missions de parents, et pour vraiment te motiver et t’encourager (?!?), prend ça dans les gencives, ça va bien te remonter le moral et surtout ça va bien t’aider !?!

Mes Parents, Ces Héros

Entendons-nous bien, je ne suis pas contre le fait d’améliorer ce qui peut l’être, ce qui doit l’être, bien au contraire. Il faut vivre avec son temps, les connaissances, les technologie, le monde, tout évolue et il faut s’adapter. Tout comme nos parents l’ont fait à leur époque mine de rien (et sans le net en +, dingue ça, mais comment ils ont fait ???? ).

Même si je suis parfois très désabusée mes congénères, je suis du genre optimiste et j’ai tendance à respecter, par défaut, mes aînés : qu’il s’agisse de mes propres parents, ou de collègues plus âgés.

[Tweet “Mais il parait qu’il faut revoir complètement les principes d’éducation hérités de nos parents ????”]

Ce qui signifierait qu’ils ont eu tout faux ? C‘est pas un léger manque de respect pour nos parents, pour mes mes parents ?

Eh oui, désormais, il semblerait que nous devrions toutes et tous devenir adeptes (limite secte d’ailleurs) de la parentalité positive et de l’éducation bienveillante. Tiens Donc. Je veux qu’on incite à corriger quelques “méthodes” sûrement trop brutales et contre-productives, encore faut-il faire la part des choses entre les “exceptions” qui restent des exceptions, et les exceptions qui deviennent des routines.

Au delà du débat de fond, sémantiquement, il y a 1 ou 2 choses qui me gênent dans ces nouveaux termes utilisés que sont la parentalité positive et l’éducation bienveillante. Je m’explique :

D’un point de vue sémantique, le fait d’accoler à ces 2 termes que sont la parentalité et l’éducation, et qui sont déjà extrêmement forts  parce qu’ils portent en eux le futur de notre civilisation et le renouvellement des générations -ne l’oublions pas-, donc le fait de leur accoler des adjectifs “de valorisation” me choque. Comme si on cherchait à contrebalancer une signification initiale qui serait par défaut péjorative lorsque ces 2 termes sont utilisés seuls.

Euh pardon, en quoi est-ce négatif si je ne leur accole pas les adjectifs “positive” et “bienveillante”, je suis un mauvais parent par défaut ? c’est ça ?

#badmother ne passera pas par moi

Non. C’est dit. Je ne publierai pas des statuts-confession avec le hashtag #badmother, je ne suis pas adepte de l’autoflagellation sur la place publique (tiens, coucou notre culture judéo-chrétienne basée sur la (pseudo) faute qu’il faut absolument expier qui revient au grand galop).

[Tweet “#badmother ne passera pas par moi”]

  • Oui, je hausse le ton quand mes filles n’obéissent pas à la 20ème demande de ma part,
  • Oui, quand je suis fâchée, je le dis, je le montre et j’explique pourquoi
  • Oui, c’est moi, parent, qui décide, qui fait la liste des courses, et quand parfois mes filles (qui ont 5 ans) sont avec moi au supermarché, ce n’est pas elles qui remplissent le chariot.BadMother
  • Oui, c’est moi, parent, qui leur apprend qu’on ne tape pas, qu’il y a des règles, qu’on se tient bien à table, qu’on dit bonjour, merci, au revoir, s’il vous plait.
  • Oui, c’est moi, parent, qui ai le devoir de les préparer à vivre en société.
  • Oui Noël c’est encore loin, oui tu vas devoir patienter jusqu’à Noël pour avoir ce jouet, non je ne vais pas te l’acheter aujourd’hui même si tu te roules par terre dans le magasin (c’est du vécu d’il y a 15 jours, donc je sais de quoi je parle).
  • Oui, j’ai des principes.

Oui, bien sûr que je veux le meilleur pour mes enfants, bien sûr que je ne veux surtout pas leur faire de mal, bien sûr que je suis prête à écharper toute personne qui leur fera du mal, oui je leur présente les choses de façon aussi positive que possible, je les encourage, je les guide, mais parfois je les recadre, gentiment, mais fermement.

Oui, je les aime, et je leur dis.

Suis-je pour autant un parent dictateur ? je ne pense pas non, ce n’est pas moi le dictateur (Un dictateur essaye de faire table rase du passé et d’imposer sa façon de ne pas réfléchir justement), je ne “lave pas le cerveau” de mes enfants, j’essaye juste de les préparer au mieux à vivre en société, j’essaye de les guider.

Là où tout se complique un peu, je le reconnais, c’est que nous devons élever nos enfants, dans ce monde connecté où tout ne semble doit être qu’instantanéité et no limit.

Avec le net et les réseaux sociaux, on dit tout et n’importe quoi, on expose tout et rien de nos vies privées, de nos états d’âmes, de nos joies, de nos doutes, de nos peines, de nos colères, de nos convictions, de nos goûts, de nos dégoûts. Les réseaux sociaux, RS pour les intimes, semblent devenus plus confortables que le divan du psy, et du coup, je me demande parfois si certains ne profitent pas de nos états d’âmes pour en faire leur fonds de commerce  justement. Bref.

Mais flute !?!

Ne pensez-vous pas que vos discours peuvent nous déstabiliser et nous culpabiliser ? que cherchez-vous à nous démontrer ? que voulez-vous que nos enfants pensent de nous ? que nous sommes décérébrés ? que nous ne saurions pas les élever correctement sans votre “aide” ?

Et après, vous allez vous précipitez vers ses parents au bord du burn-out ou déjà dans le précipice en leur expliquant que s’ils craquent c’est parce que justement ils ont tout fait de travers ?

Ça vous embête à ce point qu’on soit capable d’être des parents, qu’on prenne confiance en nous, qu’on croit en nous et en notre capacité à élever correctement nos enfants ?

Bref. Désolée, mais non. Je n’aime pas. Je n’adhère pas. Je n’achète pas.

[Tweet “Je suis fière d’être la fille de mes parents”]

Ce sont eux qui m’ont guidée pour m’aider à devenir celle que je suis aujourd’hui.

Mes parents, mes héros