Education des filles

Hello,

J’ai pas mal cogité suite à une discussion récente sur les réseaux sociaux sur l’éducation des filles et la lutte contre les stéréotypes et les clichés.

En repensant à ma façon de faire avec mes propres filles qui viennent d’avoir 6 ans, j’ai réalisé qu’entre l’idéal et la réalité, il y avait justement mes filles. Deux petites personnes qui raisonnent par elle-mêmes, oui, même à 6 ans.

Je ne suis jamais sentie “féministe“, car je ne me suis jamais (ou presque) sentie obligée de me justifier ou de me battre parce que je suis du sexe féminin. Mais je peux concevoir que ce n’est pas forcément le cas de tout le monde.

Au fur et à mesure, mes filles, qui ne vivent pas sous cloche, subissent différentes “influences”, qu’on le veuille ou non : les miennes, celles de la famille, des proches, de la crèche puis de l’école, les copains, copines, les quelques dessins animés qu’elles regardent, les livres etc.  Elles se forgent au fur et à mesure des caractères (déjà bien trempés), affirment leurs goûts.

Si Blondie est plutôt “rock” dans ses goûts, et a voulu couper ses cheveux, Brunette est plus “girly”. Blondie aime le bleu, le vert, le jaune. Brunette aime le rose. Et le noir (comme Maman dit-elle).

Quand on est en “mission shopping” pour les habiller, je les emmène désormais avec moi ou je leur fais choisir sur ordi, car j’en ai marre d’avoir des vêtements choisis par moi qui restent dans le placard à l’état neuf car ce n’est en fait pas à leur goût à elle. Oh, certes, je ne cède pas sur tout, quand c’est “totalement hors de mes goûts et de ma définition de vêtements pour enfants”, je dis non et je n’achète pas.

Je crois n’avoir quasiment jamais raisonné pas en “bleu” ou en “rose. Je suis celle qui il y a 20 ans, allait s’acheter un shorty de surf “mec” parce que je trouvais ça génial et que ça n’était pas encore disponible pour les filles. Je suis passée par des étapes sages, puis vêtue de noir de la tête aux pieds, pour m’assagir un peu lorsqu’il s’agit d’aller bosser, et qui, à l’aube de la quarantaine, alors qu’elle est enceinte de jumelles, découvre que finalement on n’est pas si mal en robes. Alors les stéréotypes, franchement, je crois que je m’en balance totalement.

Parce que c’est une affaire en “moi” et “moi”, je me maquille tous les jours,  et je ne sors jamais sans mon rouge à lèvres. Que je sois en jean ou en talons hauts. C’est mon choix, c’est tout.

Quant à mes filles, j’ai le sentiment de les “guider” vers ce que moi je considère bien pour elles, leur âge, etc, et parfois je me plante car ce n’est pas du tout leur goût. Parce qu’elles ont leurs goûts, je dois aussi en tenir compte et les respecter autant que possible. Heureusement, le plus souvent, on arrive à trouver le bon compromis ensembles.

Et c’est bien ça mon fil conducteur : les guider.

Quand elles me demandent si “fabriquer des fusées” c’est un métier, je leur réponds Oui, et quand ensuite elles me demandent si c’est un métier “pour un monsieur ou pour une dame”, je leur réponds “les 2, comme pour tous les métiers”.

Quand elles veulent une jupe qui tourne avec des paillettes, j’essaye de les orienter vers le moins kitch possible (enfin selon mes goûts). Et généralement elles associent la jupe à paillette avec les bottes, et je m’amuse de leur façon de mixer les styles.

Quand elles me demandent pourquoi les garçons ne mettent pas de jupes, je leur réponds qu’en Ecosse, les hommes mettent des Kilts (oui, je sais, je botte un peu en touche).

Quand même, je leur explique qu’on ne relève pas sa robe au milieu de la rue, parce que parfois des gens peuvent être bizarres. C’est quand même la réalité.

Comme je suis idéaliste et que je n’aime pas qu’on m’impose une façon de penser, je me dis que je ne dois pas en imposer un non plus à mes filles (toujours l’idéaliste). Oui mais voilà, en les “guidant”, je leur transmets ma façon de voir les choses consciemment ou inconsciemment : nos propres références, regrets, peurs, craintes, ou au contraire nos idéaux à nos enfants. Voire un peu de tout ça mélangé. Je sens que vous allez me lâcher là. Non ?

Bien évidemment, difficile de savoir aujourd’hui si c’est la bonne approche, mais c’est la mienne. Est-ce que j’aurai fait différemment si j’avais eu des garçons ? aucune idée, je n’ai pas de garçons donc je ne vais pas tirer des plans sur la comète.

A 6 ans, mes filles ne savent pas encore grand chose de la vie, et elles ont bien le temps (à mon sens) de découvrir tout ça au fur et à mesure. L’avantage de ne pas les mettre devant la TV, c’est que du coup, elles “échappent” au déferlement de pub et aux messages subliminaux qui vont avec. Youtube et Netflix c’est super pratique pour ça.

L’année prochaine, elles vont rentrer en CP, et se retrouver avec des grands qui auront jusqu’à 5 ans de plus qu’elles. Leurs regards sur les choses vont continuer à évoluer, de nouvelles questions vont encore fuser comme à leur habitude.

Je devine que ma façon d’élever mes filles devra continuer à s’adapter à leur propre développement, leurs propres caractères, leur environnement. Je ne me prends pas trop la tête, pour l’instant. Pourvu que ça dure.

Puisque je l’ai fait avant elle avec mes propres parents, je me dis qu’on se construit soit par mimétisme avec ses parents, soit en opposition, ou encore en mixant un peu des deux et en prenant parfois des chemins de traverse.

Est-ce que MON idéal sera le leur ? Aucune idée, et dans tous les cas, ce sera à elles de choisir. Et à moi de faire avec.