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Grossesse après 40 ans

Et alors ?

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Ca fait quelques années déjà que ça me démange de tordre le coup à certaines idées reçues, et notamment celles autour de la femme, de la maternité, et plus précisément de l’âge de la grossesse. Avant même de devenir Maman à mon tour, c’est vous dire si le sujet est sensible. A chaque fois que je lis ou que j’entends les “bonnes paroles” sur le pseudo-âge idéal de la grossesse, j’ai envie de hurler, y compris après la lecture de cet article “Grossesse Après 40 ans, qu’est-ce que ça change ?”.

Parce que j’ai l’impression que l’on rogne de plus en plus sur nos vies, nos choix. Parce que considérer les grossesses après 40 ans comme des grossesses “tardives” me fera toujours bondir. Et ça m’agace.

Choix Multiples

D’abord, remontons les pendules à l’heure : la grossesse, ou du moins la reproduction, n’est pas nécessairement le but ultime de toutes les femmes, la condition sine qua non de la réussite de leur vie, et quand bien même, pas aux mêmes moments de vie : pour certaines, ce sera très jeunes, d’autres dans ce qu’on a coutume d’appeler la trentaine, et pour d’autres ensuite.

Ensuite, sans rentrer dans le débat philosophique qui consiste à disserter des heures sur les origines du désir d’enfant au sein du couple, et au risque de choquer, il faut quand même qu’un spermatozoïde rencontre un ovule.  Ou l’inverse. Bref, qu’ils se rencontrent.

En dehors du fait que rencontrer le Papa ou la Maman ne se produit sur un simple d’un claquement de doigts ni même en cliquant Enter sur on ordi, parfois, Mr Spermatozoïde rencontre Mme Ovule quand on ne s’y attend pas, parfois quand on s’y attend, et parfois pas du tout même quand on fait tout pour.

Hasards de la vie, mystères de la procréation. Non, on ne maîtrise pas tout dans sa vie, loin de là, et il serait bon d’arrêter de le faire croire.

♦ A 20 ans, je ne rêvais ni d’un homme s’ installant chez moi avec ses BD et ses chaussettes, et encore moins de bébé. A l’époque, je rêvais de vivre sans contraintes, de voyages, d’aller à Londres, de gagner mon indépendance et mon autonomie … et j’ai fini par réussir tout ça à peu près.

♦ Dans mes 30’s, je vais juste résumer en disant que je n’ai pas suivi “le bon”.  Heureusement que j’étais trop réticente à un quelconque projet bébé à l’époque, ça aurait rendu la fin du chapitre encore plus glauque. Avec le recul, j’aime à penser que ma petite voix intérieure avait bien raison de ne pas vouloir de bébé à cette époque-là.

1 Mariage et 2 bébés après 40 ans

A l’approche des 40′s, Tadam, ce n’est pas la pseudo horloge biologique qui a sonné, mais simplement une invitation au restaurant et LA rencontre, avec “The One”, mon  âme sœur à bien des égards.  Après quelques années ensemble et une fois le cap des 40 allègrement franchi plus un mariage en hiver, on s’est dit ‘tiens, et si on tentait le bébé ?’ avec une envie de construire. A deux.

Ah, on a tellement bien tenté qu’on a fait des jumelles, une jolie surprise d’ailleurs puisque l’une a caché l’autre en début de grossesse (relire ici) !!!!  Futurs parents de 2 bébés d’un coup à  43 ans pour moi, 44 ans pour le Papa. Comme ça.

Bien entendu,  enceinte de jumelles à 43 ans, j’ai eu le droit à quelques petites précautions et égards médicaux,  comme les piqûres d’héparine dans le ventre tout au long de la grossesse, en arrêt dès le 4ième mois de grossesse car les trajets sur le périphérique n’auraient guère plus à mon utérus déjà soumis à la pression de 2 bébés (et à mon gynéco), des visites et échos tous les mois pour vérifier que ces demoiselles poussaient bien… Oui, j’ai donc pu bien en profiter.

Objectif presque atteint puisque j’ai accouché spontanément (traduire sans déclenchement) à 8 mois de grossesse pile, prématurité toute relative, pas de néonat pour ces demoiselles. Sans diabète gestationnel. Sans Hypertension. Sans menace de pré-éclampsie. Sans MAP. Mon corps et la nature ont assuré, grâce à … la chance, des bons gènes, de bonnes fées ? nul ne saura jamais.

Accouchement par voie basse6 minutes d’intervalle entre nos 2 petites fées. Tranquille.

♦ Certes, je reconnais que la récupération de la fatigue due aux nuits sans sommeil est un peu plus longue qu’à 20 ans, d’autant qu’avec des jumelles vous imaginez bien que le retour de la maternité et les 2-3 premières années ont été “sportives”.  Mais j’ai presque envie de dire que c’est la seule différence physique que je ressens. Pour le reste, je suis tellement bien dans mes 40’s que je ne me pose guère de questions tant qu’on ne m’en pose pas (principe de base : éviter de se faire des noeuds au cerveau quand ce n’est pas nécessaire, enfin, essayer -;)).

♦ Certes, on était les mains dans les couches quand nos copains attendaient déjà leurs pré-ados à la sortie de leurs premières soirées.

♦ Certes, j’ai vécu ma première grossesse quand d’autres vivent leur dernière ou presque au même âge.

♦ MAIS pour moi, pour nous, dans notre vie, c’était à ce moment-là, et pas avant (et pourtant je ne suis ni fataliste, ni superstitieuse), quand pour d’autres, c’est un autre moment. Question de timing. Chacun le sien.

Feel Good

On n’a ni l’âge de ses artères, ni celui de ses neurones, mais juste celui dans lequel on se sent bien (celle-là, elle est de moi).

Perso, mes 40’s représente la période dans laquelle je me sens superbement bien. Apaisée, libérée, délivrée (j’ose le placer héhéhé), je me suis trouvée et je me connais maintenant suffisamment bien, je crois avoir acquis une toute petite once de sagesse tout en gardant mon âme rebelle et indépendante, j’ai appris à dire Oui et aussi à dire Non.

D’autres se sentent au top à d’autres périodes de leur vie, mais qu’importe, l’essentiel est de se sentir bien dans sa vie, de trouver sa voix. Et avant de juger les choix de vies des uns et des autres, il serait bon de regarder ses propres choix, et de se rappeler qu’on n’aime pas non plus être jugé.

Arrêtons juste de culpabiliser celles et ceux qui ne sont pas pile poil dans les statistiques qui voudraient régir de plus en plus nos vies, arrêtons d’agiter le spectre des difficultés, des hors normes, des jugements, arrêtons de toujours commencer par dire aux gens “attention, ce n’est pas possible”, ou “oui mais” ou encore “comment, mais vous vous rendez compte ?”, et laissons juste les Uns et les Autres vivre leur vie sans cloner leurs choix sur ceux des voisins ou sur des décrets et des jugements à l’emporte-pièce.

[Ah, et ça vaut aussi pour le ô combien délicat faux débat entre allaitement au sein et allaitement au biberon, mais j’y reviendrai dans un autre billet.]

 Quand la grossesse gémellaire devient tendance

Moi, c’est en souriant jusqu’aux oreilles que je lis les paradoxes de notre société, parce que tandis qu’une partie de l’opinion et des médias rabâchent le discours “médicalement & politiquement” correct sur l’âge idéal de la grossesse, d’un autre côté, des futures Mamans quadras enceintes font la Une des journaux en affichant de splendides courbes de ces grossesses dites tardives pas forcément arrivées grâce à la PMA ni Photoshop.

Tout comme se marier en Hiver (…), avoir 2 bébés après 40 ans (…) va devenir Tendance.

Et dire que j’aime par dessus tout aller à contre-courant … ou alors serais-je devenue précurseur \o/

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Bref, tout ça pour dire que quadra ou pas, qu’importe l’âge, tout le monde est bienvenu sur ce blog !

 


 Edit du 23 mars 2015

L’émission Les Maternelles sur France 5 a consacré ce matin son dossier au Bébé à 45 ans, et je vous invite à voir le Replay ici :

http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles

Parmi les tweets que @NathLBOfficiel j’ai été heureuse de lire à l’occasion de cette émission :