saison hiver winter

Très cher W

J’ai mis du temps à me décider, et pourtant j’ai vraiment besoin de te parler, de te dire ce que j’ai sur le cœur.

Alors je me lance, je t’envoie cette lettre qui ne t’arrivera d’ailleurs probablement jamais.

Bouteille à la mer sans icebergs.

Je ne te crains pas,

J’aime le vent froid sur mes joues, tant que le soleil brille et illumine la nature endormie

J’aime tes longues soirées blottie sous la couette à bouquiner (ça c’était avant d’avoir des enfants),

J’aime tes feux de cheminée qui réchauffent non seulement les maisons mais aussi les âmes (ça c’est avec les enfants)

J’aime les branches et les herbes blanchies par le gel ou le givre au petit matin et qui scintillent,

J’aime les giboulées de neige qui surprennent quand on est au bureau ou qu’on se lève le matin,

J’aime ton soleil bas qui nous aveugle parfois

Oui, mon cher W, je t’aime, comme j’aime tes acolytes, Le Printemps, l’Eté et l’Automne. Car pendant que tu endors la nature pour qu’elle se pare de nouveau au Printemps, tu me revigores.

saison hiver winter

Je te l’avoue, cette année, je ne comprends pas pourquoi tu nous boudes

Comme si tu n’osais pas vraiment te laisser aller,

Tu passes une journée de temps en temps, on a enfin ce beau temps sec et froid qu’on aime chez toi.

Pourtant le lendemain, tu disparais sans crier gare en laissant place à ce temps gris et humide qui n’est pas digne de toi.  Et qui me rappelle trop le climat parisien, alors tu peux imaginer ma déception.

Les sommets des Alpes du Sud sont enneigés quelques jours, étincellent dans la lumière du matin avec ce soleil qui se lève juste au dessus d’eux. puis redeviennent tout sombres et tristes

Alors tu sais Mon cher W., oui, toi, Winter, moi les considérations écologiques ou politiques, ce n’est pas mon truc. Je lis tout plein d’articles sur tes possibles raisons de nous bouder, mais il faut bien se rendre à l’évidence : on n’y comprend pas grand chose. Et surtout on n’a pas de baguette magique.

  Ce que je sais en revanche, c’est que je suis née un 25 janvier, au cœur de l’hiver. Je suis un bébé de l’hiver.

  Tout verseau que je suis, je n’aime pas ce qui fade, j’aime le panache en toutes choses.

Et là, franchement, cette année, tu n’assures pas vraiment. Je veux bien mettre ça sur le compte de la fatigue, d’une baisse de moral, de tout plein de choses qui me dépassent, mais là, il faudrait quand même te reprendre.

IL n’est pas trop tard, nous sommes mi février et tu peux encore nous faire la surprise de nous offrir ces belles journées d’hiver, où l’on s’emmitouflera dans les bonnets, les gants et les écharpes, où l’on fera attention sur les routes glissantes, et où l’on se réjouira d’une petite giboulée de neige.

Je sais que tu peux le faire.

Reviens !