Maman Paresseuse

 

A priori, Maman Paresseuse n’est pas forcément l’association qui nous vient tout de suite à l’esprit, et on s’attend rarement à voir ces deux mots ensembles, ou alors c’est avec une once, ou beaucoup, de reproches derrière. Et pourtant, ils vont très bien ensemble, au point que j’ai envie d’en faire une éloge de la paresse.

Au début de ma grossesse, une amie m’avait offert le livre “Jeune Maman et Paresseuse“, le guide,… mais c’était avant la naissance. Des Jumelles. Du coup je ne l’ai pas vraiment lu, et je l’ai donné quasi neuf à une future Maman , enceinte de son premier enfant.

Maman Paresseuse depuis le début

 

Pourtant, si j’ai franchement paressé avec panache sur mon canapé pendant presque 5 mois, puisque la Faculté m’avait mise au repos (et non alitée) dès le début du 4ème mois de grossesse, ensuite, après la double naissance, comment dire, c’est devenu un peu plus compliqué.

Jusqu’à ce qu’un certain article ne me redonne le sourire. Si, je suis une Maman Paresseuse.

La preuve que je suis une Maman paresseuse ? et bien la voici : c’est allongée paresseusement sur mon transat, un samedi après-midi d’avril (en fait pendant 15 minutes) particulièrement ensoleillé, que je me mets à écrire ce billet.

Maman Paresseuse

En fait, je réagis à un article que j’avais lu la veille dans le magazine Happi-Kids, qui en fait, est un Hors-Série de Happinez, le premier magazine dit “mindstyle“. Cet article s’intitule “Ne rien faire et laisser faire, Vive les Parents Paresseux”, et je me suis dit qu’il était écrit pour moi … car il m’a, disons-le, décomplexée.

{Psstt : je suis tellement paresseuse que j’ai mis 15 jours à fignoler cet article, c’est pas un signe ça ?}

 Lâcher Prise

Quand j’étais gamine, dans les années 70 (oui, je sais), l’éducation et l’éveil n’étaient pas encore portés au paroxysme qu’on observe de nos jours, et les paillettes et autres contestations de 68 flottaient encore bien dans l’air.

HappiKids Happinez

Toujours est-il que je me souviens avec bonheur de ces longues périodes que j’aimais passer à rêvasser, tranquille, seule ou pas, à buller, lire, inventer des histoires, jouer, inventer des spectacles avec les barbies et les Playmobil de mon frère.

Quand on allait à la piscine, avec les copains, notre jeu favori était de jeter des marrons au fond, de plonger pour aller en récupérer le + possible avant les autres !

En grandissant, j’ai toujours préserver des journées, souvent le weekend, où je ne planifiais strictement rien du tout, où je vivais à MON rythme, en suivant mon inspiration du moment.

Youpi, on s’ennuie !

Soyons clairs, je rêve debout de retrouver ces “espaces temps” à buller, à ne rien faire, à m’ennuyer profondément ce serait-ce que quelques secondes, quelques minutes … peut-être dans 15 ou 20  ans ?

L’article de Happi-kids m’a donc fait réaliser que je suis  une Maman Paresseuse, et que ma foi, ce n’était pas forcément une catastrophe, ni pour moi, ni pour mes jumelles.

Article Vive les Parents Paresseux

Certes, je lis des articles, je vois passer des livres, des jeux, des jouets, bref tout un ensemble d’attirail pour que nos chère têtes blondes ne s’ennuient … jamais.

Nos jumelles sont rentrées à la crèche à l’âge de 5 mois, 10 heures par jour 5 jours par semaine, puis après 3 ans de bons et heureux moments partagés là-bas, sont rentrées en maternelle. Que ce soit à la crèche ou à l’école maternelle, les enfants bénéficient de projets pédagogiques adaptés.  Du coup, en rentrant de la crèche et maintenant de l’école, j’applique la politique du “free occupation“, et qui fait de moi, de nous, des parents paresseux.

Ainsi, à la maison, elles apprennent à s’ennuyer, pour mieux inventer leurs propres occupations et leurs propres jeux.

“Ne rien faire et laisser faire”

Partant donc du principe qu’elles sont sollicités à l’école, puis dans les TAP, je leur laisse la liberté de faire ce qu’elles veulent, et je m’adapte à leurs demandes. Donc, je ne prévois jamais d’activités dirigées le soir, rarement le weekend, je les laisse vaquer leurs occupations, et il y a globalement 2 cas de figure :

  • soit elles foncent sur leurs crayons et leurs carnets, ou farfouillent dans leurs jouets (avant c’était les doudous)
  • soit elles foncent sur moi en recherche de câlins, en demande de lecture, ou d’un petit dessin animé (mais ça, c’est délicat le soir) etc.

Pour les weekends, j’ai remarqué que le matin, elles préfèrent prendre leur temps, jouer chacune de leur côté ou ensemble, parler, aller dans le jardin… elles peuvent réclamer un dessin animé, et on l’accorde rarement le matin (sauf quand le temps est pourri), on préfère le réserver pour la 2ème partie d’après-midi, après le goûter, si besoin.

Titre Parents Paresseux

La télévision ? en dehors des dessins animés, elles ne connaissent pas la TV, les programmes TV, les pubs etc. On n’a jamais donné un seul bib devant la tv, même à 3h du mat, et le matin, elle n’est jamais allumée pour la simple et bonne raison que je déteste ça le matin, on n’a pas le temps, et surtout ça m’horripile au réveil. En plus, nous estimons que les programmes et les pubs ne sont pas du tout adaptés à leur âge.

Paresse Collective

Elles ne s’ennuient vraiment, c’est à dire au point de tourner en rond, que rarement, ou quand elles sont vraiment KO. Sinon, elles trouvent une branche dans le jardin, vont jouer à cache cache dans les haies autour de la maison, et dans leurs chambres, inventent des spectacles avec les barbies et les doudous. Parfois, nous sommes invités au spectacle, parfois j’ai droit à des fresques sur le carrelage.

Alors même si des études scientifiques prouvent que la petite enfance serait le meilleur âge pour apprendre tout plein de trucs, je me fous royalement que mes filles soient bilingue chinois dès l’âge de 4 ans, ou soient pré inscrites à Science Pô avant même d’être inscrites en maternelle ou d’entendre parler du CP.

J’aimerais qu’elles aillent découvrir par elles mêmes, en fonction de leurs goûts, de leurs envies de découvertes. A elles de s’ouvrir au monde qui les entoure, à elles de l’appréhender, de l’observer, sans notre filtre d’adulte. Elles ont des périodes et des phases d’apprentissage, parfois elles demandent à ce qu’on épelè des mots et des prénoms à longueur de journées, puis pendant la période suivante, elles se focaliseront sur l’heure, ou sur l’anglais avec l’appli que nous avons testée ici même.

En matière d’activités, je suis rarement proactive à la maison, je m’adapte en fonction de leurs demandes. Et depuis que nous habitons en maison, je les incite souvent à aller dehors, dans le jardin, et je m’amuse de les voir cueillir des fleurs, ramasser des branches pour faire des épées, se mettre à quatre pattes pour observer les fourmis et autres insectes, tenter de grimper dans les arbres.

Luxe & Paresse

Dans notre monde hyperconnecté, où l’on est supposé réagir au millième de seconde à tous les stimuli numériques notamment, et même parfois les devancer, et où nos enfants ne connaîtront que ça, la paresse, la vraie, apparaît comme un vrai luxe. Et j’ai envie d’offrir un peu de ce luxe à mes filles.

Parce qu’on peut encore cultiver si on veut bien s’en donner la peine.

Et vous, vous paressez aussi ? vous bullez ? avec vos enfants ?