C’est un billet qui va probablement plus parler aux parents de jumeaux. Car dans une fratrie aussi spécifique que les jumeaux, la notion de couple et de séparation n’a peut-être pas tout à fait la même dimension qu’entre des frères et sœurs non jumeaux.

Et quand on devient parents de jumeaux, en dehors des questions d’organisation pratique – genre comment faire sans se faire greffer une troisième main – , on a assez rapidement deux étapes importantes en vue : la différentiation et la séparation.  Et ce sont des situations différentes des frères et sœurs d’âges différents.

Pour la différentiation, c’est à dire respecter le caractère propre de chacun des enfants, les aider à se différencier de son frère ou de sa sœur en ne les habillant pas pareil par exemple, nous, parents, sommes initiateurs et acteurs. Je suis de celles qui sont convaincues que mes filles ont leurs petits secrets bien elles après leurs 8 mois de vie in utero.

 

Vers de nouvelles aventures en solo

Pendant ma grossesse, j’ai clairement identifié deux petites personnes avec des tempéraments bien distincts, si j’en juge par leur façon de bouger et de se manifester pendant ces quelques mois en commun. Alors tout naturellement, à la naissance, comme ces deux caractères bien trempés étaient bien réels, on s’est adapté à ces deux petites personnalités. On a différentié leurs univers, leurs vêtements, leurs jouets, et ensuite, leurs chambres respectives.

 

Jumeaux Jumelles : vers de nouvelles aventures en solo

Pour la séparation, c’est à dire ne pas les mettre dans la même classe à l’école par exemple, là, c’est une autre histoire. En dehors des cas où il faudrait les “séparer” si l’un a tendance à faire oublier l’autre bien sûr. Mais dans la majorité des cas, les choses ont évolué depuis longtemps, et maintenant, on considère que cette étape importante doit venir des enfants eux-mêmes, et à leur rythme à eux.

Peu avant l’entrée en CP, notre pédiatre nous avait expliqué qu’en général, les jumeaux prennent petit à petit leur indépendance, s’émancipent l’un de l’autre, autour de l’entrée au collège.

Ici, on est encore loin du collège (pas la peine de me dire que ça va vite arriver, je m’en doute déjà), les filles sont en CE2, dans la même classe, et tout va bien. Pas plus de chamailleries ou de disputes qu’entre frères et sœurs d’âge différentes, et toujours ce lien si particulier entre elles, et si difficile à décrire.

Cet été, quand on commençait à préparer les inscriptions pour les activités extrascolaires à partir de la rentrée, elles nous ont un peu surprises, je l’avoue, en choisissant spontanément toutes les deux des activités différentes.

Il y a deux mots essentiels dans ce que je viens d’écrire : choisir spontanément.

Ça ne veut peut être pas dire grand chose pour vous, mais pour nous si. Ça veut dire qu’elles commencent à aller vivre un peu de leur vie l’une sans l’autre, qu’elles suivent leurs propres affinités et goûts, et aussi qu’elles ont des tas de choses à se raconter et à partager ensuite. Ah ça, pour papoter pendant des heurs au retour des activités, ça y va. Sans jalousie, sans manifester une quelconque supériorité par rapport à l’autre. Et ça c’est top.

Et l’émancipation des parents ? Et bien, on évolue nous aussi. En tant que parents, on s’émancipe avec elles de la gémellité, je les considère de moins en moins comme des sœurs jumelles, et de plus en plus comme des sœurs, tout simplement.  Je passe moins d’énergie à m’adapter de l’une à l’autre en 1/4 de seconde, je devine leurs personnalités encore mieux que je n’arrivais à distinguer laquelle pleurait quand elles étaient bébé.

Bien sûr, on n’efface surtout pas la gémellité, ce lien si particulier entre elles, les souvenirs de cette grossesse unique, d’un double accouchement, et de nos premières années de parents de jumeaux plus rock and roll aussi. On y tient. Mais en ce moment du moins, dans notre vie courante, elle s’estompe légèrement pour laisser deux petites personnes prendre leur envol, leur indépendance, vivre de nouvelles aventures en solo, chacune en fonction de ses gouts et de ses envies, et sans jalousie envers l’autre. Pour mieux se retrouver ensuite, et pour mieux illustrer le proverbe “les deux font la paire”.

Je ne culpabilise plus de passer du temps avec l’une comme quand elles étaient toutes petites, car je sais que je passerai du temps avec l’autre, d’une autre manière, en faisant d’autres choses.

Et si vous saviez comme cette sensation est apaisante et permet de prendre enfin le temps de profiter pleinement d’elles …

Côté Jumelles : le dossier de Twinsandus

Jumeaux : notre dossier sur la vraie vie des parents de jumeaux jumelles