La gémellité, c’est cette fratrie qui vous fascine tant et vous intrigue. Autant vous l’avouer d’emblée, pour nous les parents de cette fratrie particulière, la gémellité nous fascine et nous intrigue. Mais surtout, on la vit au quotidien.

Comme dans la vie rien n’est figé, et que les enfants grandissent et évoluent, ils affirment leurs personnalités, leurs goûts, et les jumeaux, en l’occurrence nos jumelles, n’y échappent pas. Bien entendu, leur relation entre eux évolue aussi, avec ses hauts, ses bas, ses écarts à droite, ses dérapages à gauche, bref, c’est mouvant.

Couple à géométrie variable

Du coup, à nous, les parents de nous ajuster parfois, comme on peut face à ce couple à géométrie variable, les jumeaux.

La révolution des Jumelles

Depuis le mois de décembre, ce couple que forment nos jumelles est en évolution, que dis-je en pleine révolution, entendez par là qu’elles prennent un malin plaisir (si si) à remettre en question tout ce qui était “installé” depuis finalement assez longtemps. Et elles n’ont pas encore 6 ans.

D’un modus vivendi qui était installé depuis un bon moment, on est entré dans une phase d’instabilité où tout est remis en question, tout semble l’objet de nouvelles expériences, de nouveaux jeux, mais surtout de nouveaux tests. On s’adapte comme on peut, et on essaye de ne pas les influencer trop et de les laisser trouver leur voies elles-mêmes. Croyez-moi, ce n’est pas simple du tout.

Gémellité : Fusion ?

Un jour de janvier, les filles sont arrivées la bouche en cœur en nous annonçant qu’elles avaient décidé d’échanger leurs chambres “pour toute la vie”. On leur a dit d’accord, commencez pas essayer la chambre de l’autre en échangeant vos couettes et vos oreillers, un weekend de préférence, et si ça vous plait, vous intervertirez ce qu’il y a dans vos placards.

 

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LT Les jumelles échangent leurs chambres 1

Pssst, au passage, vous noterez la ruse de sioux des parents qui évitent ainsi de bouger les meubles.

Le vendredi soir suivant, je les retrouve donc en train d’échanger leurs couettes et leurs oreillers, transbahutant également les doudous, veilleuses et pyjamas. Après le diner, toujours décidées, les voici qui se couchent dans la chambre de l’autre. La nuit se passe bien, mais le lendemain, chacune décide de retourner dans sa chambre d’origine. On déménage de nouveau donc les couettes, les oreillers et les doudous dans l’autre sens.

On n’en parle plus, et nous, les parents, naïvement, on s’est dit que cette lubie était passée.

Erreur, car en réalité l’idée n’est pas complètement abandonnée par les filles.

La preuve, quelques temps plus tard, rebelotte. “Maman, on veut vraiment échanger nos chambres pour toute la vie cette fois ci.” On leur fait la même réponse, échangez vos couettes oreillers, et doudous, et on fera le reste demain. Elles se remettent donc à tout déménager, doudous, couettes, oreillers, et cette fois-ci déménagent quelques livres. Pourtant, au moment d’aller se coucher, marche arrière toute, elles changent toutes les 2 d’avis. On redéménage donc tout dans l’autre sens. Et chacune dort dans sa chambre habituelle.

Pourtant, le sujet n’est pas totalement abandonné. Derniere annonce des filles : “on veut dormir dans la même chambre”. Elles ne l’ont pas encore fait, mais s’échangent doudous, vêtements, livres, jouets, tant et si bien que je ne sais plus où ranger les affaires et que je demande à chaque fois “ça va dans quelle chambre ça ?

Or not fusion ?

Pendant ce temps, et si vous suivez un peu le blog, vous savez que cette année, les filles font leur Grande Section dans des classes séparées. Pendant tout le 1er trimestre, on a considéré que tout se passait bien, chacune dans sa classe, pas dans les mêmes TAP non plus.

Simultanément avec les tentatives de changement de chambre, les filles ont manifesté plus de jalousie, ou d’envie, par rapport à ce qu’elles faisaient chacune de leur côté. Y compris, et c’est là que nous avons été surpris, de la part de celle qui semblait rechercher cette indépendance à l’école.

On assiste donc à des sketchs entre elles, du style “non je ne veux pas que tu me suives dans la récré“, et à l’inverse “oh mais non c’est injuste, ma sœur elle a fait ça en TAP et pas moi“.

Et pour que ce soit encore plus fun, toute cette instabilité fait que c’est moi, Maman superstar, qui cristallise tous les chagrins, les chamailleries, et qui me retrouve à tenter de jouer la médiatrice, à consoler, à expliquer à l’une pendant que l’autre boude parce que justement j’explique des choses à sa sœur. Maman Superstar devient en fait vite Maman SuperEnervée.

On gère les susceptibilités, les temps de paroles, les prises de paroles, et même parfois les sujets – quand elles veulent toutes les 2 parler de la même chose en même temps par exemple en hurlant “c’est moi d’abord !“. On gère des scènes de jalousie parce que l’Une est descendue dans la cuisine en premier, ou parce que je n’ai pas fait le bisous en premier à l’Autre. Parce que je ne lis pas deux histoires simultanément, parce que le matin au petit déj je ne suis pas assise du bon côté, et idem le soir.

Alors du coup, on tâtonne, on essaye d’adapter, en sachant que bien souvent si on accède à la demande d’une des filles, l’Autre va partir en live parce qu’elle va croire qu’on ne s’occupe pas d’elle. C’est sans fin.

On se remet en question, on essaye de les faire parler, de trouver ensemble ce qu’il faut modifier éventuellement. Pas simple, et ça demande du temps, de la patience (je frise la rupture de stock), et de l’énergie (vite apportez moi un container de vitamine C), heureusement que Papa Twins And Us sait prendre le relais.

J’ai entendu, ou lu, je ne sais plus, que vers l’âge de 6-7 ans, le couple que formaient les jumeaux traversait des phases comme celles-ci. Si par hasard, vous avez des articles ou des liens sur ce sujet, svp, n’hésitez pas à me les donner.

Et si vous êtes passés par les mêmes phases à peu près au même âge, venez me raconter comment vous avez géré, ça nous aidera aussi.

Allez, j’y retourne -;)

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