La Petite Voix l'Instinct

La Petite Voix

 Un peu de Moi

A la base, j’ai un tempérament assez pudique et fier en même temps : mes failles, mes blessures, je les expose rarement en public. En général, à part la noirceur et la dureté de mon regard noir (j’insiste), rien ne me trahit vraiment : je reste en toutes circonstances habillée, maquillée, et je vaque (parfois en vain) à mes occupations.

Celles et ceux qui me connaissent bien savent reconnaître cette noirceur de mon regard qui trahit l’angoisse, la tristesse, la colère, l’anxiété, ou plus selon les circonstances.

A la fin des années 80, lors de mon dernier jour de vacances sur une plage de l’Atlantique, j’ai refusé d’écouter la petite voix qui me disait que l’océan était particulièrement dangereux ce jour-là, que les vagues étaient mauvaises avec la marée descendante, et que sans les palmes, j’aurais du mal à les passer. Trop fière donc, et vexée que les copains soient passés derrière les rouleaux (mais eux avaient les palmes), j’ai passé outre.

Et je suis restée “coincée” sous la première vague, prise dans la “machine à laver” du rouleau de 2 mètres déferlant férocement vers la plage. Plaquée sur le sable. Au fond. Bonne nageuse et surfeuse à l’époque, l’instinct de survie m’a alors soufflé de ne surtout pas bouger et d’attendre la fin de la série des vagues, et que “ce n’était pas le moment”, que de toute façon “j’allais bien finir par remonter à la surface”. La troisième et dernière vague est enfin passée au-dessus de ma tête après ce qui m’a semblé une éternité, et je suis remontée à la surface juste avant que mes poumons n’éclatent.

Dans les jours qui ont suivi, je n’ai pas plus écouté la petite voix qui me susurrait que j’avais eu très très peur et qu’il fallait peut-être que j’en tienne compte : quelques mois plus tard, le corps avait alors pris le relais, et les crises d’angoisses étaient apparues. Il a bien fallu que je m’écoute.

J’ai donc enfin écouté, sans comprendre pour autant tout de suite. Il faudra alors la patience de mes parents et l’aide d’un médecin homéopathe qui savait “toucher juste” pour comprendre. Et je suis arrivée à tout remettre à peu près d’aplomb, lentement mais surement.

J’ai alors fini mes études et suis partie avec mes 2 valises vivre … en Angleterre.

Au début des années 1990, je vivais donc à Londres et à l’époque, l’Angleterre était alors secouée par les attentats de l’IRA. A 5 minutes près, j’ai échappé à un attentat à Oxford Street. J’ai connu plusieurs alertes et évacuations dans le métro. J’ai eu droit à l’alerte à la bombe à l’aéroport le jour où je rentrais en France. Même pas peur. A l’époque.

D’autres événements privés marqueront les années qui suivront, pas forcément dramatiques, mais pas agréables non plus, les aléas de la vie comme on dit en général. La petite voix reviendra me mettre la puce à l’oreille, je l’écouterai aussi, pas toujours assez tôt, mais je l’écouterai.

Beaucoup d’Elles

La naissance des jumelles a un peu bouleversé les choses. Quand on devient Maman, le cerveau tout entier se met en mode “protection des bébés, des enfants”, et raisonne par rapport à leur bien-être, leur santé. Mon cerveau en tout cas fonctionne comme ça, même si ça n’a pas été facile de l’accepter au début.

Ces étranges pressentiments qui font deviner quand l’une ou l’autre couve des microbes, quand l’autre ou l’une est contrariée, en observant leurs visages, leurs mimiques, et maintenant en les écoutant parler.

Ces derniers jours, c’est un peu tendu : #TerribleFour le retour puissance 2, je vous laisse imaginer ce que ça peut donner lorsque les 2 en même temps s’y mettent (lire ou relire ici). Je ne suis pas encore complètement au creux de la vague, mais Papa Twins And Us et moi devons déployer beaucoup d’énergie, de patience et de discussions pour essayer d’apaiser ce petit monde.

La petite voix, qu’on appellera au choix l’instinct, le pressentiment, l’intuition pour ne pas risquer de voir arriver des hommes en blouse blanche, bref, mon intuition me souffle de lâcher l’ordi, le phone, la tablette et tous ces jolis objets connectés lorsque les filles réclament Maman, et pareil pour Papa.

Parce que nous savons bien que ces périodes que nous trouvons pénibles, harassantes, épuisantes, énervantes, le sont encore plus pour nos filles. Parce que quand ma propre colère (même contenue) retombe enfin, ça me fait mal au cœur de les voir des ces états là, et que ça m’énerve aussi de ne pas arriver tout de suite à les aider à passer le cap.

Je crois donc que je vais utiliser la fonction “recorder” de mon phone, ou me mettre en quête de ces vieux dictaphones, pour dicter mes idées, mes posts, en chuchotant bien sûr … discrétion discrétion

Plus sérieusement, Moi, Maman Verseau, je dois aider mes deux jumelles Taureau (oui quand même, elles sont Taureau) à passer ces caps, à grandir doucement mais surement … et aussi sereinement que possible. Pour ça, je vais me remettre au running pour évacuer…. priorité à mes 2 petites fées


NB: cet article a été commencé il y a quelques mois, sans arriver à trouver comment le conclure. Finalement, c’est mes filles qui m’aident à le terminer, en m’amenant à me fier à cet instinct qui m’a construite et qui me souffle très fort qu’elles ont besoin de beaucoup plus d’attention en ce moment.