la vérité sur le drop shipping et définition

Depuis quelques temps, le dropshipping se fait un bad buzz chez quelques blogueuses. Mais le drop shipping c’est quoi ? et est ce que ce bad buzz est mérité, ont-elles été vraiment été victimes de dropshipping ou d’autre chose ?

Il se trouve que dans la vraie vie, je travaille dans les coulisses du e-commerce pour une entreprise française, avec sa logistique en France également. Il faut savoir que dans le e-commerce, le drop-shipping est une pratique assez connue, et tout à fait légale (quand elle est faite dans les règles de l’art).

La vérité sur le dropshipping

En quoi consiste le drop-shipping ? c’est relativement simple. Prenons par exemple un site de e-commerce français qui s’appellerait Dupont.Dupont.

Dupont.Dupont, comme beaucoup de ses copains e-shop ou d’un magasin physique, est un revendeur. C’est à dire qu’il ne fabrique pas lui-même, mais achète ou fait fabriquer pour revendre. Il travaille d’un côté avec des fournisseurs, qui sont soit des grossistes / importateurs ou des usines : c’est du BtoB (business t business). Et de l’autre côté, ses clients sont des particuliers, il travaille alors en BtoC, business to customer.

Qu’est ce que le dropshipping ?

Dupont.dupont est alors confronté à une équation pas si simple à résoudre : acheter son stock, le réceptionner dans ses locaux, le stocker, l’assurer, avoir une chaine logistique plus ou moins élaborée, et des contrats avec les transporteurs (contrats plus ou moins négociables si dupont.dupont n’a pas la taille de Amazon, soyons clairs).

Il se trouve que dans la réalité, les fabricants / grossistes et/ou importateurs, eux, disposent d’entrepôts et de lignes logistiques de compétition, oui, oui, oui. (De même, des entreprises purement logistiques ont toutes les compétences et organisations pour expédier, c’est leur métier (donc tout va bien), et certaines vendent la prestation de stockage et expédition à des particuliers pour le compte d’un e-commerçant. Mais ça ne s’appelle plus vraiment du drop-shipping).

Ces fabricants / grossistes et/ou importateurs peuvent vendre leurs produits aux revendeurs qui peuvent se les faire livrer dans leurs propres entrepôts, ou alors, dans certains cas, vendre leurs produits + une prestation logistique / expédition qui est elle aussi facturée à dupont.dupont.

C’est ce qu’on appelle du drop-shipping : la commande que Simone aura passé chez dupont.dupont sera alors expédiée directement par le fournisseur/grossiste/importateur, avec une facture et un bon de livraison au nom de dupont.dupont.

En fin de mois, dupont.dupont recevra alors une facture de toutes les commandes qu’il aura fait traiter directement par son fournisseur. De ce fait, dupont.dupont a pu diminuer ses coûts de fonctionnements, ce qui lui permet d’être plus compétitif sur le marché, puisque de nos jours, on sait que les consommateurs ont plus tendance à acheter “un prix” qu’à acheter un objet ou une qualité.

En résumé, Le drop shipping (en français la « livraison directe ») est un système entre 3 acteurs : le client (le consommateur) passe commande sur le site internet du distributeur (le e-commerçant), lequel transmet celle-ci au fournisseur (le grossiste), lequel assure l’expédition et gère les stocks.

Quand c’est fait dans les règles de l’art, le drop-shipping est invisible pour le client final. Les grossistes/fournisseurs/importateurs sont des énormes structures installée sur le sol français, les produits qu’elles ont dans leurs entrepôts sont passés par les douanes (s’ils sont fabriqués en Chine, comme par exemple 95% de vos produits électroniques ou autres) et ont payé les taxes qui s’appliquent le cas échéant. La TVA est elle aussi sur les factures.

Dans un autre style c’est que fait Amazon, puisque ses entrepôts sont répartis dans plusieurs pays d’Europe : pour les e-commerçant tiers qui font sous-traiter leur stockage et expédition par Amazon, c’est une forme de drop-shipping .

Mais alors, il est où le hic?

Pour en revenir aux cas qui ont fait le buzz ces derniers temps, ce n’est donc pas le drop-shipping en lui-même qui est choquant. Le produit a été expédiée directement depuis la Chine, c’est une importation sur le sol français : bon jusque là, rien de très choquant si on considère que la Chine n’est qu’une sorte d’énorme usine mondiale.

Mais le gros hic, voire carrément le scandale, c’est qu’il est entré sur le territoire français illégalement dans sa petite enveloppe : sans dédouanement, sans payer les taxes et sans payer la tva.

Alors désolée, mais non, il n’y a pas à “pousser de coup de gueule contre le drop-shipping“. En revanche, pousser un coup de gueule contre la fraude aux taxes et tva à l’importation, ça oui, ça serait logique ! Mais non, l’article incite même à aller acheter directement sur le site vendeur !!!!!!!

Regardez alors ce qui se passe : Imaginons que Simone, encore elle, commande sur Aliexpress (le amazon chinois du groupe AliBaba), qui une sorte de place de marché des usines et vendeurs chinois. Elle “importe” depuis la Chine, et reçoit généralement sa commande dans une simple enveloppe qui n’est souvent pas contrôlée par les douanes l’arrivée en France. Ça, c’est d’une forme de fraude à la tva et aux autres taxes. Simone est bien responsable car c’est elle qui a passé la commande et qui est légament l’importateur (même pour un particulier).

Le drop shipping est une pratique courante dans le e-commerce, parfaitement légale. La fraude aux taxes et TVA à l’importation depuis les pays soumis à des droits de douanes et autres, elle, est scandaleuse.

Enfin, dernière petite précision dans ce buzz : oui, une entreprise revend avec une marge. Schématiquement, la marge (on ne va pas rentrer dans les détails de la marge brute ou de la marge nette parce que c’est assez compliqué, même moi je m’y perds), ça sert, une fois que le fournisseur est payé, à payer : les frais de fonctionnements de l’entreprise, ses locaux, ses frais fixes, les salaires, les taxes, les impôts, les autres charges et ses prestataires, et son développement futur, ses investissements, et aussi à avoir une trésorerie suffisante pour tout payer. C’est très schématique, mais une marge, il en faut une, plus ou moins importante, ça on est d’accord. Sachez qu’en France, la vente à perte est interdite.