Entre Deux, c’est ainsi que j’appelle le passage entre l’état de ‘Femme Enceinte’ ou ‘Future Maman’ et le fait de se sentir réellement une ‘Maman’. Cette période pendant laquelle tout se joue, et qui, bizarrement, n’est pas concomitante à la grossesse, en tout cas pas pour moi.

Parce que ça ne se fait pas d’un claquement de doigts, ni d’un coup de baguette magique, on ne se sent pas pas ‘investie’ du rôle de Maman à la seconde même de la naissance de nos enfants. En tout cas, pas moi.

Etre une Maman, c’est un processus qui prend du temps, et ce ne sont pas les 8 mois de ma double grossesse qui m’ont fait devenir Maman. En tout cas, ce n’est pas ainsi que je l’ai vécu.

Si mon corps est lui, bien devenu Maman au cours de ces 8 mois, et pour cause, le cheminement intellectuel et personnel prend un peu plus de temps, et est un peu plus sinueux.

D’abord parce qu’à mon avis, pendant la grossesse, le cerveau est un peu en mode “pause, je suis occupé ailleurs” : toute l’énergie du corps et du cerveau par la même occasion semble se concentrer sur cet endroit névralgique, l’utérus. En même  temps, dans cet utérus justement, se déroule un, et dans mon cas, deux sacrés miracles : la vie.

Donc le cerveau de Future Maman se concentre sur cette fonction reproductive, et tel un radar, ne voit, remarque, note, enregistre que ce qui concerne Futur(es) Bébé(s), son confort, sa nourriture, ses vêtements etc.

Au moment tant attendu de l’accouchement, là encore, Le cerveau est concentré sur la tâche non moins immense accomplie par le corps, et qui s’appelle également la délivrance. Vous avez remarqué que pendant l’accouchement, le cerveau de Future/Presque Maman se moque de tout ce qui se passe autour d’elle (enfin, quand tout se passe bien, je précise).

Puis tout s’accélère, et soudain, en 6 minutes chrono, deux petites fées sont sur moi, et font de Nous, Moi et Papa Twins And Us, une famille. Et allez, encore une casquette supplémentaire.

Revenons en à la mission “Maman” : soudain, le cerveau prend conscience de la réalité, fini l’indépendance, fini l’insouciance, fini la liberté, désormais, le cerveau doit toujours placer en pole position des préoccupations et pensées les Bébés ! Youpi, 24h sur 24h, 7 jours sur 7, 12 mois sur 12, à vie.

Et là, vertige, abysse, il faut intégrer ce nouveau rôle, ou devrais-je dire sacerdoce ?, dans la longue liste des autres rôles, sachant que celui-ci sera prépondérant sur tous les autres, vous me suivez encore ?

Bon je résume : il y avait le Moi toute seule, le Moi en couple, le Moi Professionnel, et voici qu’arrive le Moi Maman qui impose son rythme à tous les autres Moi (euh les psy qui me lisent, je vous rassure, je vais parfaitement bien, je m’amuse juste à décortiquer mes sentiments lorsque je suis devenue Maman, pas de quoi appeler les hommes en blanc hein ?)

Suivent alors quelques temps (semaines, mois, avec des bonds, des reculs, des rebonds, et reculades) pour arriver à tout rééquilibrer et que tout trouve sa place. Pas simple, si on tient compte du rythme effréné des premiers mois avec des jumelles, de la fatigue de Papa Twins And Us et la mienne, de la crèche, de la reprise du boulot (ah oui, méga important, parce que si j’adore mes filles, les couches et les bibs à longueur de journée ramollissaient vraiment trop mon cerveau déjà un peu perdu).

Et quand on est au boulot, le cerveau pense aux bébés. Quand on est avec les Bébés, le cerveau pense au boulot. Et quand on dort, le cerveau pense encore aux bébés. Pfff. Peut-être que cela peut s’expliquer également par le fait que lorsque on est ‘Maman débutante’, qui plus est de jumelles, on est un peu, comment dire, débordée au début ? Pas trop le temps de se poser des questions métaphysiques, on a activé le mode survie (des bébés, de soi, de Papa Twins and Us).

Trêve de plaisanterie, j’avoue avoir eu besoin de plusieurs mois pour arriver à rééquilibrer mes différentes ‘casquettes’ avec l’arrivée des jumelles,  et j’ai commencé à me sentir réellement investie ‘Maman’ quand la fatigue a commencé à diminuer. Je peux même ajouter que pour Papa Twins And Us, ça a suivi le même cheminement (heureusement pour nous 2). Normal, quand on est reposé on est plus serein.

En pratique je n’ai pas trop compris la théorie de l’instinct maternel, j’ose dire que je n’y crois pas (en tous cas pas pour le premier, pardon, les 2 premiers enfants), et je ne l’ai pas vécue. Je ne m’en porte pas plus mal. L’instinct, c’est quand on maîtrise pas trop mal une situation donnée, qu’on est capable d’anticiper et de comprendre. Personnellement, je me suis détendue réellement à partir du moment où les filles ont commencé à s’exprimer autrement que par des pleurs, des cris ou des hurlements, ce qui limite tout de même la conversation et les échanges. Certes, au bout d’un moment, on sait dissocier le pleur de douleur, de colère, de faim, ça oui. Mais rien ne vaut les mots pour le dire (waouhh).

Ma réalité, mon vécu m’ont prouvé qu’entre l’état physiologique (grossesse etc) et l’état psychologique (responsabilités, rôle etc), il y avait un “entre deux”, un peu flou, avec des mouvements de balanciers vers le côté Maman et d’autre vers le côté Pas-Maman. Comme je suis d’un naturel assez indépendant et qui déteste les stéréotypes, j’ai cherché ma voie, mon positionnement. En essayant de m’écouter, d’écouter Papa Twins And Us, et bien évidemment, en écoutant mes filles. L’apprentissage ça passe par l’observation, puis action-réaction. On teste, on essaye, on tâtonne, on y arrive, on se plante, on recommence, et ainsi de suite. C’est pendant cette période que j’ai réellement commencé à me sentir Maman, à construire ce rôle de Maman, à bâtir le socle de ma nouvelle vie, de mon nouveau rôle.

Et vous savez quoi ? Je suis partie pour le jouer indéfiniment, pour mon plus grand plaisir… car c’est le rôle d’une vie (Papa Twins And Us me souffle que pour lui aussi, c’est le rôle d’une vie -;))

Notre public ? le meilleur, juste le meilleur

Edit : notre public ? Une fée et Une Princesse, nées le même jour.