Maman est Fachée

Nos enfants, la prunelle de nos yeux, nos enfants chéris, nos amours, sont aussi parfois de parfaits petits tyrans et de redoutables dictateurs.

Et si vous avez des enfants, vous le savez, ou vous le saurez bientôt, mais les phases calmes sont parfois entrecoupées d’épisodes de tempêtes (relire ici).

Ici, depuis quelques jours, trop de jours d’ailleurs à mon goût, j’ai 2 cyclones à la maison. Tantôt nous sommes pile dans l’œil du cyclone, tout est calme, mais le plus souvent, c’est juste l’enfer, une exclusivité parentale dont on se passerait bien puisque simultanément, elles sont tout à fait adorables en classe.

Le matin au réveil, le matin pour s’habiller, pour partir à l’école à l’heure.

L’après-midi en sortant de l’école, en rentrant à la maison, pour la douche, le repas, les activités, les lectures

Le soir pour se préparer au coucher, entre jalousies, nerfs qui lâchent, overdose de fatigue.

Papa et Maman ont compris que leurs filles n’aimaient pas trop les voir (eux les parents) sur leurs ordinateurs, leurs tablettes trop longtemps et qu’une partie de leurs scènes venaient de cette “présence absente” qui caractérise les personnes physiquement présente dans un espace mais dont l’esprit est ailleurs.

Maman surtout, qui au retour de l’école, fait attention depuis quelques mois à ne pas consulter son téléphone de façon trop visible, et qui disparait des RS entre 18h et 20h et les weekends.

Maman est fâchée

{et le dit}

Mais en ce moment, l’accès de #terriblefour presque #terriblefive redouble de vigueur, et le fait de poser nos objets connectés ne résout pas tout.

Maman est Fachée

Assez

Parce que pour que cette période soit encore plus inoubliable, nos filles nous font l’honneur de nous faire le “coup de calgon” en même temps. Chouette, mais on en demandait pas tant.

Pour tout vous avouer, j’écris ce post pour me calmer pendant que l’Une hurle dans sa chambre (après avoir quitté la table du déjeuner sans terminer son repas) et que l’Autre boude (après avoir tenté de faire la médiatrice, j’en parle plus bas).

Mais moi, comme Papa Twins And Us, je suis fâchée, très fâchée même, et je leur dis. Et je leur explique pourquoi je suis fâchée quand j’assiste à ces caprices, à ces petites provocations, à ces crises, à ces phases où elles tentent de tenir tête. Parce que même si on part du principe que tout s’explique, que les enfants doivent extérioriser leurs émotions, et bien Maman aussi a ses limites, Maman aussi a besoin d’extérioriser ses émotions et surtout besoin d’expliquer.

Stop

Assez de devoir répéter 20 fois “viens prendre ta douche”, “habille-toi”, “monte dans la voiture”, “ne cours pas sur le parking”, “non je ne t’achèterai pas de poupée”, “non tu ne touches pas mon ordinateur ni mon bureau”, “tu obéis quand je te demande quelque chose” ….

Assez de devoir hausser le ton trop souvent

Assez de devoir gérer 1 fille hurlante en sortant de l’école tandis que l’autre boude parce que je ne lui accorde par d’attention, trop occupée à essayer de désamorcer la colère de l’une, et le lendemain vice versa,

Assez de devoir passer 20 minutes avant qu’elles ne montent enfin dans la voiture,

Assez d’entendre hurler pendant les 6 km qui nous séparent de l’école et de sentir les coups de pieds de la miss en colère dans le dossier du siège avant

Assez de devoir sortir dehors pour respirer un grand bol d’air frais et faire retomber la colère qui monte en moi, même sous la pluie

Assez d’avoir envie de partir à l’hôtel seule pendant 48 heures

Assez d’entendre des caprices pour tout et pour rien

Assez d’être soulagée quand elles sont enfin couchées et que le calme revient

Assez …

Nouvelles Ruses

Pendant ce temps, et même si la jalousie a déclenché la scène, on voit émerger une nouvelle forme de solidarité entre sœurs jumelles : celle qui a fait sa colère envoie ensuite sa sœur en éclaireur pour négocier la sortie de crise.

Médiatrice, avec peu de succès il faut le dire : je suis partisane du dialogue en face à face, donc quand la “médiatrice” arrive, je l’écoute et je lui dis ensuite de dire à sa sœur de venir parler directement avec moi.

Certes, nous ne voulons pas faire de mes enfants des personnes sans caractères, au ou caractères tellement lisses qu’ils en deviennent insipide. Maman a du caractère, Papa aussi, il est normal et même souhaitable qu’elles en aient aussi.

Sauf que.

Sauf que tout n’est pas permis, qu’il y a des limites, qu’un enfant ne peut pas donner des ordres à ses parents par exemple, et que notre rôle de parents, c’est aussi de leur apprendre ces limites.

Câlins réparateurs

Heureusement, une fois la colère retombée, que les filles ont d’ailleurs elles aussi du mal à expliquer, on ouvrira les bras, on se câlinera, on fera des bisous en leur disant ‘je t’aime’ au creux de l’oreille, et on jouera ensemble. Tout reprendra son cours dans la joie et la bonne humeur.

Ainsi va la vie de parents.

Mais ça fatigue un peu quand même, beaucoup parfois jusqu’à repenser l’espace d’une fraction de seconde au calme de notre vie d’avant.

Mais ce qui m’épatera toujours chez les enfants, c’est cette capacité à zapper la colère qui s’éteint d’elle-même en une fraction de seconde, sans qu’on sache ni pourquoi ni comment, et même après 45 minutes de bonne grosse hurlante. Tandis que nous, adultes, et moi en particulier, j’ai besoin de beaucoup beaucoup plus de temps pour faire redescendre la pression.

Voilà, sur ce, je termine cet article un peu en vrac, et je vais aller m’installer confortablement sur un canapé, avec le nouveau magazine Flow entre les mains pour me détendre (et qui va peut-être me réconcilier avec les magazines, sait-on jamais), tandis que j’entends déjà mes filles jouer dans leurs chambres et rire comme si de rien n’était (ou presque).