Envers du Décor - mère parfaite

Hey coucou,

Pas banal en ce dimanche de la Fête de Mères d’écrire un billet intitulé “L’envers du décor. Surtout quand vous allez comprendre, dans 2 secondes, que je vais parler du mythe de la mère parfaite.

Puisque aujourd’hui, c’est ma Fête, je peux tout me permettre, et même de casser ce mythe de la mère parfaite.

Pour être honnête, je rebondis aussi sur cet article du Monde, “La mère parfaite est de retour“, qui me fait réfléchir. En le lisant, je me suis dis que ouf, triple ouf, dans la vraie vie, je ne suis pas du tout une mère parfaite IRL. La perfection me semblerait tellement ennuyeuse, que je suis vraiment soulagée.

Mais ça m’a fait réfléchir car je me dis que c’est peut-être une image que je véhicule de temps au temps au travers du blog, de ce que je partage sur les réseaux sociaux.

L’Envers du Décor

Derriere le blog et ses photos triées sur le volet, le choix des thèmes, se cache un être humain parfaitement bohème. Ma maison n’est pas impeccablement rangée. Pas plus que d’habitude. Ou si rarement. Ou l’espace de quelques minutes seulement.

Il suffit que les 4 tornades qui y vivent, moi, Papa Twins And Us, et bien sur Blondie et Brunette, y mettent un orteil pour que souffle un vent bohème et dissipé.

Les chambre des filles vivent au gré de leurs jeux et de leurs humeurs, j’arrive à leur faire “ranger” à toute vitesse leurs jeux et jouets, souvent en vrac, dans des caisses. Quelques heures. Jusqu’au prochain vent créatif qui leur soufflera de nouvelles idées.

Sur le rebord de la baignoire de leur salle de bains, vivent en permanence des Barbies nudistes, retrouvées la plupart du temps la tête en bas, soit dans une casserole de dinette, soit pendues par les cheveux au porte serviette.

Le salon, ou en tout cas une partie de salon, est devenue une annexe de leurs chambres depuis longtemps. Si vous ne connaissiez pas l’instinct grégaire de l’être humain, faites des enfants et vous verrez qu’ils vous suivront jusque dans votre salon avec leurs jouets. Même si leur chambre fait 15 mètres carré.

Certes, ce même salon a retrouvé un peu de sa splendeur depuis que j’ai un sèche linge, et que le “séchoir” à linge a enfin pu disparaitre. Soupçon de victoire de la pefection ?

La cuisine n’est pas mon royaume. Je l’ai déjà expliqué ici, autant je suis gourmande et j’aime la bonne chaire, autant je déteste passer des heures à faire la cuisine. Point de Companion ni de d’odeur de brioche chaude sortant du four. Je me contente de les acheter toutes faites les brioches. Et quant aux repas, il faut que ce soit simple à préparer, à cuisiner et que le tout prenne moins d’une heure. Picard is my best cooking assistant 🙂

Le bureau ? hahahah, comme on travaille tous les deux à la maison, notre grand bureau héberge le résultat de nos jobs, des classeurs, des documents. Certes, on planque méthodiquement les cartes de visites, puisque parmi nos filles se cache une accro des cartes de visites en tous genres. Bref, si on veut retrouver la carte d’un prospect ou encore de ce super resto où on a diné il y a 6 mois, autant les classer soigneusement et hors de sa portée. En plus, la cohabitation entre le bureau “boulot” et le bureau “blog” ou “privé” est elle aussi parfois décoiffante.

Quand je prépare la fête d’anniversaire des jumelles, je ne fais pas de rainbow cake jusque tard dans la nuit. En fait je n’en fait pas du tout. J’achète les gâteaux chez le pâtissier, j’achète de la déco toute prête que je n’ai plus qu’à installer au gré de mon inspiration.

L’envers du décor c’est aussi 30 drafts d’articles, qui ne verront peut-être jamais le jour. Certains n’ont que le titre, d’autres un paragraphe, puis se sont arrêtés en plein vol. Soit parce que mes tornades me réclamaient, soit parce que l’inspiration était repartie aussi vite qu’elle était arrivée.

Mon tempérament est du genre “le feu sous la glace”. En résumé, je peux être d’un calme olympien et rentrer dans une colère noire en peu de temps. Je peux être philosophe ou révoltée dans la même minute, je peux chuchoter ou élever la voix d’une phrase à l’autre. Je n’aime pas rentrer dans les cases, j’adore faire le contraire des autres, même si ce n’est pas toujours réalisable.

Est-ce l’image que je véhicule via le blog et les réseaux sociaux ? Pas si sûre. Parce que 1/ je ne raconte pas tout, je vous fais des cachotteries, je ne suis pas un modèle de patience tous les jours, parfois oui, parfois non. et 2/j’ai tracé une ligne séparant ma vie privée de ce que je rend public.

Pour les photos, je pourrais vous inonder des photos du bazar des chambres de mes filles, des paperasses empilées en ce moment même sur mon bureau, ou encore de la vaisselle pas rangée dans la cuisine. Sauf que mon sens de l’esthétique serait un peu heurté par ces photos, non pas que mes photos en général soient dignes de Vogue mais bon. Ma tête pas maquillée du matin serait sans intérêt. Comme je préfère suivre des comptes instagram qui font rêver et voyager dans d’autres univers avec de vraies belles photo, je ne me vois pas exposer le bazar que je vois en rentrant, au hasard, un dimanche après-midi dans les chambres de mes filles.

Même si on dit qu’un beau désordre est un effet de l’art.

Moi, j’ai toujours beaucoup de plaisir à voyager dans d’autres univers quand je vais sur d’autres blogs, à lire d’autres tranches de vie, à admirer celles et ceux qui sont des dieux en cuisine, les pros du diy, et tant d’autres “artistes”. Ni les premières ni les secondes ne me font déprimer. Je suis juste admirative, tout en étant bien dans ma bohème alors 🙂

Si je ne m’épanche pas sur mes galères dans mon rôle de mère, c’est que 1/ce n’est pas mon tempérament, et 2/ je protège ma vie privée et mes filles. Et puis je pense que je n’aurais pas les mots suffisamment humoristiques ou pudiques pour décrire ce qui parfois, moi aussi, me pèse, me stresse, m’angoisse ou me déprime.

L’esprit humain raisonne en permanence en faisant des comparaisons, en rangeant dans des cases, en “c’est bien, ou c’est mal”, c’est beau ou c’est moche. Toujours des avis tranchés, jamais ou si rarement de transversalité.

Les blogs, les images, proposent, avec des sensibilités différentes, des approches différentes, des images variées, des tranches de vie. A chacun de les présenter comme bon lui semble. Mais est -ce que l”essentiel n’est pas que derrière son blog ou ses photos, on se sente en osmose avec ce qu’on présente “publiquement” ?

Et de votre côté, vous, lecteurs fidèles ou lecteurs de passage, l’essentiel est que vous aussi, vous vous sentiez à l’aise en passant par ici, ou sur les autres blogs, non ?

L’envers de mon décor n’est pas le même que le vôtre, il m’appartient, et reste cet espace privé avec toute cette imperfection qui me rappelle que je suis bien un être humain (qui a une large marge de progression)-:)

Edit du 31 mai 2016

Quand j’ai publié ce billet dimanche soir, je n’étais pas très contente de ma conclusion. Et ce matin, mardi 31 mai, voici qu’elle arrive enfin, limpide.

  Pour me faire rêver, continuez à me proposer des belles photos, de la douceur, de la poésie, de l’humour.

  Invitez moi à voyager dans vos passions, dans vos univers, vos créations

Proposez-moi vos définitions d’une certaine quête de perfection, ou en tout cas de ce qui pourrait y ressembler.

Partagez vos tranches de vie avec la pudeur et l’humilité qui vous caractérise,

Laissez moi ensuite choisir en fonction de mes goûts, de mes humeurs, de mes envies

Laissez moi surfer entre les bashing et les engueulades

Continuez d’être vous mêmes. Plaire au plus grand nombre n’est pas forcément une fin en soi.