Open book with flying 3d letters on concrete backgroundMoi qui ai fait des études de Langues Etrangères Appliquées, avec des cours de terminologie, je reste pensive, perplexe, admirative devant l’acquisition de la langue française par mes twins, leurs capacités à créer de nouveaux mots, et ce toujours de façon parfaitement logique (linguistiquement parlant, surtout quand je compare à l’anglais ou l’allemand).

 

Twin 2 m’a aujourd’hui fait cadeau d’un nouveau terme, construit à sa manière à partir du mot “aller”.

Contexte : Il est l’heure d’aller se coucher, on a fait la chasse aux caries (comprendre on s’est brossé les dents), on est passé aux toilettes, on a lu deux histoires (une par Twin). On a respecté les rituels.

Twin 2, elle, a rajouté depuis longtemps ses propres rituels : rappeler Maman, se relever pour voir où je suis, etc.

Et ce soir, fidèle à elle-même, Twin 2 redescend dans la cuisine pour, et c’est une nouveauté, me faire un bisou (oui, oui, oui, trop mignon, impossible de se fâcher).

Moi : allez, Minette, maintenant, tu remontes te coucher.

Twin 2 : Maman, tu viens avec moi

Moi : Non, tu as réussi à descendre dans la cuisine toute seule, tu peux donc remonter toute seule dans ta chambre et te remettre dans ton lit toute seule aussi.

Twin 2 : mais je ne sais pas “re-aller”

Logique : faire, re-faire, donc on peut dire aller, re-aller, non ?

Moi : Ma chérie, re-aller est un mot qui n’existe pas, on dit “retourner”

Twin 2 : non, re-aller

Moi : si tu peux “retourner” dans ta chambre toute seule.

Twin 2 : non, tu re-vas avec moi (dit-elle en me prenant la main).

Et me voilà remontant l’escalier en tenant la main de ma Twin 2, pour l’emmener se recoucher. Elle était concentrée sur son objectif, avoir un bisou supplémentaire, et que sa Maman la raccompagne dans son lit.
Du coup, j’avais 2 objectifs simultanés : la remettre au lit, et corriger son “néologisme”. J’ai privilégié l’objectif “sommeil” ; pour l’objectif linguistique, je suis sûre que j’aurai l’occasion de lui expliquer de nouveau que “re-aller” n’existe pas.

Good Night &  Sweet Dreams