Plus que jamais, notre belle Planète Bleue est le centre pas seulement de l’Univers, mais aussi de toutes les attentions, de tous les médias, de presque toutes les critiques et procès, et de (presque) tous les discours politiques. Et c’est bien.

MAIS.

J’ai demandé à la Lune

Mais face à cette avalanche d’articles ou d’invitations ou injonctions diverses et variées, je trouve personnellement que ça devient franchement compliqué de s’y retrouver et que ça part dans tous les sens. Entre discours alarmistes d’un côté et ceux qui ne voient aucun problème de l’autre, mes neurones se retrouvent à faire le grand écart : selon les cas, je me sens parfois manipulée, parfois prise pour un pigeon, parfois prise pour une idiote, parfois prise pour une délinquante, et trop souvent un peu tout ça à la fois. Tous ces sujets m’intéressent, mais je n’ai pas toujours beaucoup de moyens objectifs de vérifier tous les allégations ou contre allégations des uns et des autres.

Sur le fond, je suis bien évidemment d’accord pour dire qu’effectivement, pendant des années, on a fait probablement tout et n’importe quoi sans trop se préoccuper des impacts réels ou potentiels sur notre santé et sur la planète. Pour autant, on ne va pas jeter toute l’eau du bain avec le bébé dedans. Je suis convaincue qu’il faut se poser, mettre à plat un certain nombre de choses, se poser des (bonnes) questions, trouver des solutions, mais surtout ne pas confondre vitesse et précipitation ni récupération politique.

Planète, et si on était tous des colibris ?

Tout ce que je vais énumérer ci-dessous, ce sont mes propres interrogations, en vrac, du vrac de tout ce que je peux lire à droite et à gauche, sur beaucoup de sujets relatifs à la Planète et à notre santé. J’ai essayé de me documenter, de me faire “ma synthèse”, et vous savez quoi ? je galère, ça me prend un temps fou, et c’est finalement assez contre productif car pendant que j’essaye de comprendre, je ne fais rien de bien concret. Et c’est bien ça le problème. Comme les shadoks qui pompaient, pompaient, pompaient, sans trop savoir pourquoi ni comment.

Par exemple, on nous rabâche que la voiture à essence, et surtout au diesel (bref, à moteur thermique), c’est le mal absolu. Mais vraiment. Pour nous en convaincre, on nous explique que la voiture électrique, c’est la solution miracle pour la Planète. Elle ne pollue pas, disent-ils. Hourra !

Ah vraiment ? On va rouler vraiment “vert” ?

  1. Comment et où sera produite l’électricité qui va la recharger, étant donné que le nucléaire, même s’il n’émet aucun gaz à effet de serre, c’est le mal, et que notre capacité de production électrique est limite limite limite saturée.
  2. Quels sont les composants de cette voiture électrique, ou même d’une trottinette ou d’un vélo électriques, et en particulier des batteries ? Dans quelles régions du Monde les batteries sont fabriquées ? dans quelles conditions humaines et environnementales, les métaux rares qui les composent sont extraits ?
  3. Qu’est ce qui est prévu pour le recyclage de ces composants et notamment des batteries qui ont une durée de vie qui est loin d’être éternelle ?

On se croirait presque dans un film de série B américain, comme quand le nuage de Tchernobyl s’était arrêté pile avant la frontière française (ah merde, ce n’était pas un film ? oups).

Dans le même temps, pour financer les transitions énergétiques (qui seront certes nécessaires, là n’est pas la question, je le répète), les politiques ont un arsenal de solutions miracles qui s’appellent souvent des “taxes”, ou des lois pour imposer, dans tous les sens du terme, les évolutions : taxe sur le diesel, taxe sur les poids lourds, taxes sur les billets d’avion au départ de la France – mais pas ceux à destination de la Corse ni des Dom-Tom, à croire ce que ces avions-là pollueraient moins que les autres ?

D’autres, comme des ONG, lancent une action contre l’État, l’Affaire du Siècle, car il ne ferait pas ce qu’il faut pour la transition énergétique. Arrrg, d’un côté on râle -voire plus- contre un État de plus en plus intrusif et taxeur, et de l’autre, on lui fait un procès parce qu’il n’en fait pas assez (sans préciser qui va financer). Une démarche qui va prendre plusieurs années. Et en attendant, on fait quoi, on attend sans rien faire ?

Début 2019, hop, une nouvelle action “soutenue” par 500 personnalités envahit la presse et les réseaux sociaux au sujet du contenu de nos assiettes : le Lundi Vert. Objectif affiché : ne manger ni viande ni poisson le lundi. Derrière cet appel ultra médiatisé au Lundi Vert, se cachait en réalité une invitation à participer à une “étude scientifique” menée par le CNRS, l’INRA et des fac françaises. Personne ne sait comment vont être utilisées ces données, si le fichier sera déclaré à la CNIL, si et comment les résultats seront communiqués voire publiés. On sait juste qu’une équipe de chercheurs suivra notre capacité d’adaptation au changement alimentaire.

Bon, là, sur le fond, je préfèrerai encore le Lundi Vert à l’Affaire du Siècle, car elle a le mérite de nous replacer, en tant qu’individu et citoyen, comme acteurs de notre propre vie et de nos choix.

Pas un mois ne passe sans une nouveau “scandale” : la viande c’est le mal, l’huile de palme, c’est le mal. mais maintenant on nous explique que la production intensive de soja est responsable de déforestation. Elle aussi. Oups, ça craint un peu non, c’est aussi mal que l’huile de palme ? Au point que Greenpeace bloque des cargaisons de soja arrivant en France pour dénoncer ça : Entre 70 % et 90 % de la production de soja est utilisée pour nourrir les animaux d’élevage, et le reste pour faire de l’huile et, dans une moindre mesure, des agrocarburants. Rigolons un peu, ça voudrait dire qu’un steak de bœuf élevé au soja est un peu un steak végétal ? mais où va-t-on …

L’optimisme du colibri

Malgré tout, face à ce déferlement médiatique totalement incontrôlé (enfin c’est l’impression que j’en ai), je reste optimiste. Tous ces scandales nous servent finalement d’alertes, et ça nous aide à nous poser des questions et avancer dans une autre direction.

Parce que, je suis convaincue que chacun de nous, à titre individuel, ou familial, ou collectif soyons fou, on fait nos petites actions, nos petits changements. Je crois qu’on est toutes et tous des colibris, il suffit de discuter avec ses voisins et ses amis pour le réaliser. Et personne n’est parfait, mais la bonne nouvelle, ça veut dire qu’on a une marge de progression et une marge de manœuvre exceptionnelle !

Chacun fait un ou plusieurs petits pas, pas forcément en même temps, et en fonction de sa propre situation et aussi de ses moyens. Sans attendre qu’une loi ou une taxe nous impose quoi que ce soit, en prouvant par la même occasion qu’on n’est pas que des moutons ni des pigeons mais qu’on est bien des acteurs responsables. Et qu’on même prendre des initiatives, nous-mêmes.

Par contre, il faut vraiment arrêter de dire aux gens qu’il faut tout changer d’un coup : on ne peut pas leur demander à la fois qu’ils changent ou suppriment la voiture, qu’il doivent remplacer leur chaudière, qu’ils doivent modifier leur alimentation, qu’ils doivent supprimer le plastique, arrêter de manger de la viande, manger des protéines végétales à la place, bannir l’huile de palme, bannir la climatisation, consommer zero déchets, ne pas partir en vacances en avion, ni en voiture d’ailleurs, planter dans leurs jardins ou sur leurs terrasses mais ne pas arroser l’été à cause de la sécheresse, semer des graines de fleurs pour les abeilles mais bétonner partout, prôner la consommation locale et de saison mais être à ça d’autoriser le bio sous serres chauffées ….

Par exemple, j’achète mes fruits et légumes en circuit court, au producteur local, et je consomme de saison depuis quelques années. Mais ça, c’est + facile à faire ici, car le magasin de producteurs locaux Bio est à moins d’1km de chez moi. Ancienne Parisienne, je peux vous assurer que ce n’est pas aussi facile dans une grande ville, il n’y a pas de producteurs locaux à toutes les portes de Paris pour nourrir toute l’Ile de France.

Mais bien sûr, les politiques y ont pensé et rêvent désormais d’industrialiser le bio. Oui, oui, vous avez bien lu. Dans les limbes des couloirs politiques, certains rêvent de productions Bio à taille industrielle, partout sur le territoire, sous serres chauffées. Oui, sous serres chauffées : adieu donc la consommation de saison, et surtout, bonjour la pollution puisqu’il a été estimé que “Une production de tomates, plantée en février et récoltée en mai, nécessite la consommation de 100 000 à 150 000 litres de pétrole ou équivalent gaz par hectare“. Voilà voilà. Alors que dans le même temps, on apprend que 500 tonnes de tomates ont été jetées faute de trouver des acheteurs.

On marcherait pas un peu sur la tête là ? Ca fait même hurler certains grands chefs, comme Olivier Roellinger, avec raison, car c’est totalement en contradiction avec les messages qu’on nous distillent par ailleurs, et ce qu’on essaie justement d’apprendre à nos enfants : manger de saison. Alors pas de bol, entre le moment où j’ai commencé ce billet d’humour et le moment où je le publie sur le blog, ils (les politiques) ont décidé d’autoriser les serres chauffées en hiver, mais (attention, ça devient génial) ” Elles seront autorisées, mais la vente de ces légumes bio produits en France sera interdite entre le 21 décembre et le 30 avril. ” Pourtant, une “étude de l’Ademe, ils soulignaient qu’une tomate produite sous serre chauffée émettrait, avec 2,2 kilos de CO2 pour un kilo de tomates, sept fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate produite en France en saison et près de quatre fois plus qu’une tomate importée d’Espagne.

Nos petits gestes

Alors on va se remonter le moral en nous concentrant sur nos petits gestes au quotidien, sachant qu’on s’améliore tout le temps. Par exemple, j’ai réfléchi à ce que j’ai déjà modifié en quelques années à la maison, mais vous avez bien lu, en quelques années. C’est pas parfait, on a encore beaucoup de pistes d’amélioration, mais je me dis que c’est déjà un bon début.

  • Dans la salle de bains, on a remplacé nos produits cosmétiques ou d’hygiène par des produits naturels, de préférence fabriqués en France, avec des cosmétiques solides, et on limite le nombre de produits utilisés en privilégiant la qualité. On utilise des lingettes lavables, et des brosses à dent en bambou (mais le bambou vient de Chine donc …. je ne sais pas comment il est fabriqué, bref, question brosse à dent, je ne suis pas convaincue).
  • Dans la Cuisine, on consomme nos fruits et légumes locaux uniquement, et de saison, comme je l’ai expliqué plus haut. On a également réduit la consommation de viande et de poisson, par exemple, en évitant d’en manger le soir. On consomme l’eau du robinet, et j’ai investi dans des gourdes en inox pour toute la famille, en différentes tailles. Je ne suis pas “cuisine connectée”, pour plein de raisons mais aussi parce que ce sont encore des objets qui consomment de l’électricité.
  • Pour se déplacer, ici, on n’a pour l’instant pas vraiment d’autres choix que d’utiliser la voiture, que ce soit en professionnel ou en perso, car nous n’avons aucun commerce là où nous habitons, et nous avons des trajets professionnels avec des charges lourdes à transporter. On essaye quand même d’optimiser les déplacements, pour ne pas devoir prendre la voiture juste pour aller acheter du pain.
  • On passe du temps à trier nos déchets, et on transporte nos déchets verts, nos cartons et les déchets qu’on ne peut pas mettre dans les poubelles du tri, à la déchetterie de notre commune.

D’un naturel optimiste, je suis persuadée que vous aussi, de votre côté, vous faites vos petits gestes, ou vos grands gestes, l’essentiel étant que chacun fasse quelque chose de concret. Certains agissent chez eux, d’autres vont nettoyer plages et fonds marins, d’autres s’engagent dans une agriculture plus locale et maitrisée, d’autres cherchent comment recycler tous les plastiques, etc. Des initiatives, à petite ou plus grande échelle, il y a en plein en fait.

Et puis, si on arrivait à “devancer” les politiques au lieu de subir leurs “contradictions”, ça serait quand même génial non ? … bon là, je demande un peu la Lune, mais est-elle vraiment inatteignable ? Rappelez-vous la légende du Colibri.