Perplexite faite femme

Perplexité Faite Femme

Si Si Si

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Je suis une incorrigible idéaliste, une perfectionniste, une femme assumée. Je suis une femme, et j’en suis fière :

  • J’assume de courir comme une femme, comme une fille, parce que je n’aime pas vraiment ça, courir, et pourtant j’ai eu mes années footing.
  • J’assume de lancer un objet comme une fille, et pourtant j’ai fait du tennis pendant 15 ans, et que mon plus grand plaisir était de jouer en double mixte, mais que voulez-vous, je n’ai pas vraiment aimé le lancer du poids.
  • J’assume de marcher comme une fille, parce que je marche avec des talons de 8 cm, ou des ballerines, parce que je suis un peu cambrée, parce que je porte un sac (de fille), des courses, des enfants dans les bras. Les Clarks et les Rangers, j’ai bien essayé, mais ce n’est pas mon style.
  • J’assume de ressembler à une fille, parce que j’ai des seins, j’aime me maquiller (même si c’est en mode “nude”), être à peu près bien coiffée, porter des bijoux, du vernis à ongle. Je peux enlever le maquillage, me décoiffer, retirer bijoux et vernis à ongle, pour les seins, ça va être un peu plus compliqué.
  • J’assume de m’habiller comme une fille, avec des robes (pas souvent), et des pantalons qui, selon la mode et mon humeur, sont larges ou cigarettes, boyfriend ou slim, avec des hauts décolletés ou pas. La mode de la cravate pour les femmes, je n’ai pas aimé. Et si Yves Saint Laurent a dessiné les plus belles collections de tailleur pantalon pour femmes, la veste croisée sur la poitrine, il en a fait un symbole de féminité.

A vrai dire, je ne me rappelle pas que l’expression “comme une fille” ne m’ait jamais vraiment gênée, je ne rappelle pas m’être posée la question en ces termes. Sauf une fois, au début des années 1980, alors que le surf était encore un peu confidentiel en France et que je ne voyais quasiment pas de filles en faire. Comme j’avais vraiment envie d’en faire, j’ai demandé à mes parents si je pouvais : ils m’ont alors emmené dans un club de surf, et le moniteur m’a souhaité la bienvenue. Aussi simple que ça, pour moi en tout cas.

Dans ma vie d’étudiante, puis dans ma vie professionnelle, j’ai pesté, oui (voire plus d’ailleurs), quand des hommes me regardaient un peu trop, ou pas comme je voulais, ou d’un oeil limite lubrique, si je mettais une tenue courte ou décolleté par exemple. Puis, j’ai appris à m’habiller en fonction des circonstances, en clair, je ne m’habille pas pour aller bosser comme je peux m’habiller pour sortir ou encore faire mes courses. J’ai aussi pesté (voire plus) quand, a contrario, je suis devenue trop transparente parfois, râlant parce que personne ne me regardait. On n’est pas à une contradiction près, n’est-ce pas ?

Maintenant poussons l’honnêteté plus loin : je regarde moi aussi les hommes, surtout quand ils sont bien sapés, bien foutus, et pas trop moches à regarder. Est-ce que pour autant ça les fait bondir ? (là, Messieurs, je vous pose une vraie question….)

Mais voilà, le magma médiatique ambiant me dérange un peu, beaucoup même, parce qu’à mon insu, et parce que je suis une femme, je devenue au fil des années un outil de démago utilisé sans vergogne par les politiques (de tous bords), les médias, les marketeurs, la société, sans parler des Femen (le summum du trash et du vulgaire à mes yeux). Bref, tout le monde s’en mêle – et s’emmêle.

A mon insu, depuis plusieurs années, je suis devenue un quota (comme les quotas laitiers de la PAC -Politique Agricole Commune / NDLR, non, je ne plaisante pas), comme si j’appartenais à un troupeau : tant de femmes dans telle profession, dans les CA, dans telles écoles, etc. Et je trouve ça réducteur. Si la volonté sous-jacente est louable de leur ouvrir des portes parfois un peu -voire très rouillées, la méthode est discutable et me dérange.

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Réduite à un Quota

Si je suis bien dans ma vie, je sais que c’est en partie parce qu’en France, grâce aux avancées obtenues par nos mères et nos grands-mères, au siècle dernier, nous avons aujourd’hui le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte bancaire sans demander l’autorisation du mari, le droit à disposer de son corps (ivg), etc.

Bien sûr, toutes les femmes n’ont pas le même vécu que moi, certaines ont traversé des épreuves que la vie m’a épargnée, ou vivent dans des environnements moins favorables que le mien.  Bien sûr, nous vivons dans une société “no limit”, où la notion de respect, de “limite” justement, a volé en éclat sous les coups de la démago et de l’audimat. Bien sûr, je suis atterrée par les émissions de TV-réalité, où le vulgaire, en particulier chez les femmes, semble être gage de célébrité aux dépens de la valeur intrinsèque de la personne.

Si je suis d’accord pour dire que nous sommes aussi capables que les hommes (et encore, il est certaines activités, métiers, travaux qui nécessitent des muscles et un physique que je n’ai pas (Dame Nature en a ainsi décidé, je pense qu’il va falloir aller lui en toucher deux mots à celle-là).

En revanche, je ne veux surtout pas entendre parler, ni pour moi, et encore moins pour mes filles, d’égalité avec un homme. Parce que physiologiquement je ne le suis pas, intellectuellement je ne le suis pas, émotionnellement je ne le suis pas. Et j’entends bien ne pas le devenir. Je ne suis l’égale de personne, hormis de moi-même.

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L’égale de Personne

Je suis perplexe devant cette confusion savamment entretenue entre capacité et égalité, et devant la manipulation qui consiste à mettre en avant tout ce qui est contraire à la femme sous couvert de féminisme (femen et autres écervelées télévisuelles). Nous sommes capables parce que nous avons aussi un cerveau derrière les yeux et entre les oreilles, que nous pouvons raisonner, fabriquer, construire, devenir des championnes, créer, soigner, piloter…. des milliers de femmes l’ont déjà fait, et donc prouvé. Nous pouvons donc faire valoir notre valeur avec notre cerveau, pas nos fesses ni nos seins. Nous sommes capables, nous nous le prouvons tous les jours, à la maison, dans nos vies professionnelles, dans nos réalisations, qu’elle qu’en soit l’envergure.

Parfois, quand la machine médiatique s’emballe sur ce thème, je crains que tôt ou tard, toutes ces manifestations et manipulations ne finissent par aboutir qu’à l’effet contraire de celui recherché. J’espère tellement me tromper.

Parce que nous sommes diablement plus intelligentes et fines que ça, et parce que nous valons nettement mieux que de simples chiffres dans des textes de lois.

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 Et vous, comment vous positionnez-vous ? quelle est votre opinion ?

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