Pour la préservation de la biodiversité

Pour la Préservation de la Biodiversité

 

Ça devait arriver : je me lâche. Sur la biodiversité. Pas celle de la nature qui nous entoure et de la planète qui nous héberge, encore qu’il y aurait beaucoup à dire.

La biodiversité étant un néologisme construit à partir de la racine grecque “bio“, et du mot “diversité“, je me dis que nous aussi nous rentrons bien dans cette définition :  nous sommes des êtres vivants, et nous sommes tous différents. Donc, hop hop hop, je vous sers le concept de la biodiversité parentale !

S’il y a bien un truc qui m’agace très fort (en fait même plus que ça mais bon), c’est cette espèce d’ambiance “lavage de cerveau” que nous subissons à grand renforts de messages pseudo-éducatifs, et qui voudrait que tout un chacun ressemble à son voisin, et que nous nous comportions exactement tous pareils dans toutes les circonstances, jusque dans notre mission de parent. Que tout le monde soit parfaitement parfait dans tout ses faits et gestes :

  • en voiture, au lit, au boulot, dans la merde, dans la joie, dans la peine, dans la douleur, dans la salle d’accouchement, sur les toilettes, dans la cuisine,…
  • avec nous, nos boss, nos enfants, nos conjoints, nos collègues, nos parents, nos amis, nos ennemis, nos chats, nos chiens, nos souris, nos fourmis…

Genre il n’y a qu’une seule façon de penser, de vivre, de réagir, d’éduquer, de respirer, de manger, et c’est uniquement celle-ci que nous vous décrétons de suivre et ce au moyen de lois, décrets ou autres déclarations péremptoires qu’on nous bombarde régulièrement.

STOOOOOOP !

 

Biodiversité Parentale

 

Parents, nous faisons toutes et tous de notre mieux pour apprendre “notre job” de parents, faire nos enfants, et les élever ensuite. Comme l’ont fait nos parents.

Nous essayons de tout concilier, nos vies d’adultes, nos vies de parents, nos vies de couple, nos vies d’enfants aussi (oui, nous avons aussi des parents), nos vies professionnelles etc.

Nous avons nos enfants à des âges différents, un seul enfant, ou toute une fratrie arrivée les uns à la suite des autres, ou en même temps. Et ça ne regarde que nous.

Nous avons des éducations, des référentiels, des valeurs, des idées, des souhaits, des moyens qui nous sont propres et que nous n’avons en théorie à justifier à personne.

Je n’aime pas spécialement faire la cuisine, je ne suis pas la reine du DIY, ni la reine des blogs, ni la reine de rien du tout, et pourtant, j’aime lire des recettes et découvrir des gens qui en inventent de nouvelles pour les grands et les petits, j’admire les tutos de DIY et je m’extasie devant le résultat des autres, je lis à droite et à gauche même si je ne suis pas d’accord avec l’approche ou la conclusion ou si ça me fait râler, même très fort. Et je critique. Aussi. Beaucoup. Et je m’énerve. Aussi. Parfois.

Et vous, vous faites probablement de même. Et c’est tant mieux, vos neurones ne vous remercieront jamais assez, et votre cerveau aussi.

Culte de l’Imperfection

 

Mais dans tous les cas, on se donne à 300 % dans notre “rôle de parent”. Comme l’ont fait nos parents, probablement, même si ce n’est pas de la même manière. Et on ne démérite pas. Loin de là. Nous ne sommes pas parfaits ? Et bien en fait, nous ne le serons jamais. On va même clamer haut et fort que nous vouons un véritable culte à l’imperfection et à ses aspérités.

Et tout ça sans pour autant se regarder le nombril, parce qu’on cherche toujours à faire mieux, c’est aussi ça qui nous fait avancer, qui nous pousse à nous dépasser.

 

Pour la préservation de la biodiversité

 

Tout serait tellement plus agréable si on lisait plus souvent ces mots qu’on a décidément du mal prononcer, comme “encouragement“, ou encore “bravo, you did it“, si on entendait moins de critiques cachées derrière les conseils, consignes, ou autres recommandations édictées pour ? … (ok je ne termine pas ma phrase volontairement). Alors quand on y regarde de plus près, à votre avisn pourquoi avons-nous donc tant besoin de nous raconter sur nos blogs, les réseaux sociaux, de partager nos doutes, nos questions ? Pour trouver des réponses, surement, pour se rassurer en réalisant qu’on n’est pas seuls ? très probablement.

Parce qu’en vrai, je vais vous le dire, si j’étais si parfaite, alors je n’aurai jamais fait d’enfants. La perfection refuse l’aléatoire, la perfection refuse l’improvisation, la perfection refuse les couches sales, la perfection refuse les nuits sans sommeil. La perfection n’aime pas les machines qui débordent, les purées de carotte sur les bavoirs, les jouets dans les couloirs, les tétines qui disparaissent la nuit, les robes qui ne sont pas assez rose ou qui tournent mal…

La perfection n’aime que la perfection, narcissique, égoïste, auto-alimentée, endogène.

 Et nos enfants

 

Et nos enfants, ces petits miracles de la vie, ne sont pas parfaits non plus. Et ils ne se seront jamais. Heureusement. Ils ont leurs propres tempéraments, leurs qualités, leurs défauts, leurs affinités, leurs imperfections.

Et moi j’ai tendance à croire que mon rôle de parent “libre” n’est pas de les modeler ni de les formater pour en faire des petits singes qui obéissent au doigt et à l’œil et qui ne trouvent du plaisir qu’en jouant les moutons de Panurge, mais d’en faire des enfants puis des adultes possédant leur libre-arbitre.

Et c’est pour ça que c’est sacrément difficile d’élever des enfants, parce qu’il faut arriver à faire cohabiter notre propre individualité avec la leur. Vous voyez de quoi je parle ? et je ne vous parle pas de nos rêves que l’on peut éventuellement inconsciemment transférer sur nos enfants, de nos idéaux non plus.

 

Bon mais alors, comment je me définis moi ?

Moi, je voudrais apprendre à mes filles à écouter, à observer, à lire, à comprendre, à chercher, et  surtout, à se faire leur propre raisonnements, leurs propres idées, leurs propres opinions, pour que plus tard, elles prennent leurs décisions. Pas les miennes, ni celles du voisin. Leurs choix, leurs décisions.

Et si leur devise pouvait être ? “think out of the box” … à elles de décider -;)

Mais plus ça va, plus je me dis que ça va être un vrai luxe de garder ce libre-arbitre et de le leur transmettre.

Et vous, qu’en pensez-vous ?