Il est probable que si j’avais commencé à bloguer à la naissance des jumelles, et non 3 ans après, ma vision de la parentalité, en particulier de parents de jumeaux ou de jumelles, aurait été très différente de ce que je peux ressentir et écrire actuellement.

Au fur et à mesure que nos chers bébés grandissent, on découvre des avantages et des inconvénients liés à chaque âge.

Les premières années de nos chers bébés sont au moins aussi intense en émotions et en apprentissages que nos premières années de parents.

Mais comment ça se passe réellement ? Dur ou pas ?  Retour sur les 5 premières années de notre vie de parents. De Jumelles.

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Parents de Jumelles en 5ème Année

Nous sommes devenus parents de 2 bébés en une seule fois, ne me demandez pas comment on a fait, on en sait rien du tout. Ça fait partie du mystère des Jumeaux.

Dès l’instant où nous sommes rentrés de la maternité, en portant 2 nacelles contenant chacune la prunelle de nos yeux, notre vie a été chamboulée. Totalement. Radicalement. Pour le meilleur, mais aussi pour le très très difficile, épuisant, fatiguant, et pourtant riche et intense.

Après les quelques secondes d’angoisses à la naissance,  “euh, mais comment on va faire ?“, puis en passant la porte de la maison au retour de la maternité “euh, mais il n’y a plus personne pour nous aider là, comment on va faire ?“, les premières nuits sans sommeil, on a enclenché le mode “survie“.

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De la naissance à 3 ans : Bébés, Boulot, Dodo

Bébés, Boulot, Dodo : ce sont les 3 mots qui définissent le mieux les souvenirs que j’ai des 2-3 premières années avec les jumelles. Je pourrai développer le mot “bébés” avec “nourrir, changer, éveiller“.

Du coup, avec 2 bébés d’un coup, on a fait comme on a pu avec nos 4 bras, parce que pour rendre les choses encore plus fun, nous n’avions pas de Papi ou Mamie qui pouvaient nous aider et nous relayer.

Pendant 3 ans, on a activé la fonction “pilotage automatique” pour assurer les fonctions vitales de tout le monde : avec la priorité sur les filles bien sûr. Ensuite, on s’arrangeait pour manger, dormir nous aussi, et bosser.

Naissance Jumelles

Quand la fin de mon long (mais nécessaire) congé maternité s’est profilé, et que l’on a su à ce moment là que nous avions 2 places en crèches, j’ai hésité l’espace d’une seconde entre m’occuper moi-même de mes filles ou les mettre en crèche et retourner travailler. Elles avaient alors 1 mois et des poussières, mais je commençais déjà à me perdre dans les 480 couches par mois et des 10-16 biberons par jour.

On a accepté nos places en crèche, je suis retournée travailler dans le cadre d’un congé parental à temps partiel (80%, histoire de pouvoir arriver à l’heure les récupérer le soir à la crèche sans payer en plus une nounou. (Parce que sachez-le, avoir des multiples ne vous donne pas de tarifs dégressifs à la crèche.). Et tout ça pour souffler, pour sortir le nez des couches et éviter de tourner en rond.

Voilà, c’est dit : on se reposait au boulot. Mais c’était dur, épuisant, de courir toute la journée, de ne pas avoir de temps pour soi, de s’endormir le soir à 21h, de passer son temps à calculer le nombre de paquets de couches, de boîtes de lait, de petits pots il fallait acheter pour tenir la semaine. On a appris à jongler avec nos emplois du temps quand il fallait aller chez le médecin (heureusement pas souvent), en garder une malade à la maison etc. Sans compter quelques déboires professionnels.

Tant et si bien qu’on a réussi à éviter le burn-out parental, même si ça a tangué sévère par moment. Il nous est arrivé de nous demander ce qu’on faisait là, de nous dire qu’on était pas fait pour être parents,  j’ai eu envie de partir seule à l’hôtel pendant 2 jours pour ne plus rien entendre. Et oui.

Mais, à chaque fois, en regardant loin devant nous, en se disant qu’on sortirait tôt ou tard de cette période où il aurait fallu nous greffer une paire de bras supplémentaire, et on a réussi à passer ce cap. C’est surtout et grâce à un Papa compréhensif qui s’est lui aussi investi à fond avec ses filles. Quand l’un flanchait, l’autre arrivait à prendre le relais.

Durant cette période, on a quand même un peu beaucoup sacrifié notre vie sociale, mais bon, on peut pas tout avoir non plus.

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 3 ans : Le Cap de l’Entrée en Maternelle

Puis, à l’aube de leurs 3ans, nous nous sommes replongés dans nos projets d’avant, nos envies de changer de vie, de maison et de région. Et on a fini par sauter le pas  : Adieu la région parisienne et son manque de place, adieu la foule, adieu la pollution, même si on a aussi dit “au revoir” aux amis avec la promesse de les faire venir dans notre nouveau paradis.

Hasard ou coïncidence, on a réussi à faire coïncider notre changement de vie avec l’entrée à l’école maternelle, ce qui nous a permis de bénéficier de nos places en crèche jusqu’au bout. Parce qu’il faut savoir que quand on change de commune, ce n’est pas forcément évident de trouver 2 places en crèches en cours d’année.

L’entrée à l’école est un cap majeur, précédé de celui tout aussi important qu’est la propreté. A partir de là, l’intendance se simplifie tellement qu’on se sent revivre quand on a plus à gérer de couches ! Allélulia.

Rentrée Scolaire des Jumelles en 10 mots

Quand tout à coup, autour des 4 ans, on a affronté de nouvelles tempêtes, celles qu’on avait évitées vers l’âge de 2 ans : les impressionnantes crises de #terriblefour, pendant lesquelles je me suis retrouvée au creux de la vague parce que je n’arrivais pas à trouver comment les gérer et que parfois, des crises de jalousies entre les filles ont connus quelques pics aussi.

Depuis l’entrée en maternelle, nous les parents, apprenons également à démultiplier de certaines de nos facultés intellectuelles comme épeler 2 mots différents en même temps à ses deux filles, gérer des temps de parole, modérer les conversations (pire que pour un débat politique).

A partir de la rentrée de septembre, nous allons en plus gérer deux maitresses et deux classes de Grande Section => les jumelles seront séparées à l’école, avec leur consentement bien entendu. Youhou !!!

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5 ans : On s’éclate !

Mais oui, je le dis : elles ont 5 ans, et je m’éclate, on s’éclate !

Je m’éclate plus maintenant que lorsqu’elles étaient tout bébé, même si j’ai pris beaucoup de plaisir à les bercer, les chouchouter, les embrasser. Je les aime depuis le début, ça ne se discute même pas.

Mais quelques mois, c’est un festival inouï : Les échanges, les dialogues, les questions, les mimiques, les caractères qui se forgent, les personnalités, les possibilités innombrables de sorties, de découvertes, les moments de complicité pure, leurs curiosités sur tout, leurs innombrables questions sur la vie, ce qui nous entoure, leurs angoisses, leurs raisonnement. On se régale tous les 4.

Pass Eté Village des Automates Montopoto

Pass Eté Village des Automates Montopoto

On a dit adieu à la sieste cette année, ce qui nous ouvre des perspectives de ballades différentes, elles sont (presque) totalement autonomes, choisissent leurs tenues avec mes conseils parce que parfois c’est tout de même surprenant, sont capables de jouer ensemble pendant de longues périodes et sans se chamailler (si, c’est possible).

On a l’impression de leur transmettre tellement plus que de l’amour, ou même du confort matériel : on commence vraiment à transmettre un peu de notre savoir, un peu de nos connaissances, un peu de nos valeurs, on élargit peu à peu leur espace de curiosité, on déplace leur infini du fond du jardin vers l’horizon

Voilà, j’adore leurs 5 ans, certes elle est encore ponctuée de caprices, de colères, de provoc aussi. Mais après la tempête, à chaque fois, c’est juste du pur bonheur. Et on se dit qu’on étaient bien faits pour être parents.

 

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Et ensuite ?

C’est vrai, les 2-3 premières années avec des jumelles, ou des jumeaux, c’est dur, très dur. D’ailleurs, je n’étais même pas en état de songer à envisager d’ouvrir un blog à cette époque, c’est pour dire que j’admire celles et ceux qui le font dès la naissance de leurs multiples 🙂

En tant que Maman de jumelles âgées de 5 ans maintenant, je voudrais quand même vous rassurer un peu, vous encourager si vos multiples sont encore bébés : bientôt vous allez émerger des couches, des petits pots, ils vont prendre un peu d’autonomie, et à ce moment là, vous commencerez vraiment vraiment en profiter.

Par contre, je ne peux pas vraiment dire que je souffle. Disons que c’est différent. Même si le rythme reste toujours intense, qu’il faut toujours se partager en l’une et l’autre, et que cerise sur le gâteau, elles commencent à “mesurer” le temps passée avec l’une ou l’autre et le nombre de pâtes dans l’assiette ou la taille de la part de pizza.

Je ne sais pas lire l’avenir, donc Rendez-vous dans quelques années pour voir si on ne n’est pas trop loupés 🙂


Et vous, quel est l’âge que vous avez préféré/préférez avec votre/vos enfant(s) ?