J'ai des Enfants et (encore) des Principes

 “Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants

Mais c’est quoi un principe ? Selon Wikipedia, c’est une notion de philosophie, ou des règles, ou encore une loi ou une doctrine, nettement plus contraignantes.

Le principe peut être une vérité fondamentale et générale, mais comme je ne prétends pas détenir la vérité, je préfère utiliser le mot “principe d’éducation” dans le sens de “philosophie ou règle“.

Il existe une liste + ou – longue de principes que l’on a avant d’avoir des enfants, ou même d’en envisager, avec au hasard : pas de biberons dans le lave vaisselle, que des couches lavables et bio, des petits-post home-made bio, contre la  tétine, contre les jeux électroniques, contre les lingettes …

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Enfants ou Principes, faut-il choisir ?

Puis, un beau jour, on devient parent à notre tour. Félicitations !

Allo Houston ? On a 1 (ou 2) bébés ici 🙂

Maintenant, vous voici confrontés à la dure vraie vie, les mains dans les couches, le nez dans les bibs ou le sein, à choisir entre pousser votre poussette ou tenir le parapluie.

Nous avons atterri sur la planète Parents avec 2 bébés d’un coup, des jumelles, et nous sommes passés en mode survie dès la sortie de la maternité.

Certains principes ont vite disparu pour laisser place à la trilogie “pratique, efficace, simple” : biberons au lave-vaisselle, tétine, petits pots industriels (souvent bio, mais pas tout le temps, ma CB ne s’en serait jamais remise), et l’ami surgelé qui nous a permis à Papa Twins And Us et à moi de ne pas mourir de faim.

Puis, après la période bébé, arrive le moment où les enfants se transforment en autre chose que des tubes à nourrir et à changer, et se mettent à penser par eux-même. On ne vous avait pas encore prévenu ?

Donc, on continue de les nourrir et de les changer/habiller, et en plus, quand ils entrent à l’école, ou même en dernière année de crèche, ils commencent à poser des questions. Et à comparer. Mince, ces petites choses sont doués d’un cerveau autonome, se mettent carrément à s’en servir et peuvent vite devenir vous prendre pour le Service Client avec leurs réclamations, remarques, requêtes, demandes, comparaisons.

Après quelques égarements, on a parfois bien ramé pour recadrer gentiment ce petit monde et il a fallu rappeler qui sont les Boss à la maison : on a donc remis quelques principes d’éducation en application.

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10 Principes en Vigueur

Souvent, on agit en fonction de sa propre éducation, de son entourage, de ses choix, de ses convictions et de ses valeurs. Histoire de bien mettre tout le monde à l’aise, je précise que je parle de ce que je connais. Et uniquement de ce que je connais, c’est-à-dire de mes filles.

Ready ?

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Le Bonheur est dans l’Imperfection (la mienne)

1. C’est nous les adultes : n’en déplaise aux aficionados de la parentalité positive ou bienveillante ou autres dogmes en vogue, les parents, les adultes (enfin il paraît), c’est nous. Malgré toute leur brillante intelligence, mes filles de 5 ans ne sont pas encore en âge de mener leur vie (et la nôtre) à leur guise.

Nous sommes sensés avoir des capacités, des connaissances et  une expérience qui nous permettent de prendre des décisions raisonnées pour guider nos enfants,en organisant leur vie dans leur intérêt (et un peu la nôtre aussi). C’est donc nous qui délimitons le “cadre”.

Parallèlement, nous sommes des parents paresseux et elles ont donc leur espace de liberté. Peu ou pas d’activités dirigées à la maison, elles sont libres de leur jeu et passe-temps (sous réserve que tout se passe bien, on est d’accord), et en respectant des rythmes de leur âge en ce qui concerne les heures et des repas et des couchers. Même en vacances.

2. Je Hausse le Ton : Oui, quand au bout de la 250ème fois le même jour, personne n’obéit à mes consignes ou ne répond à mes questions, je hausse le ton. Vous pouvez en conclure que je crie.

Quand je suis fâchée, je le dis et j’explique pourquoi sans faire de périphrase incompréhensible pour elles. J’assume.

Je dis “«J’en ai raz le bol” en haussant le ton, ce n’est pas le discours politiquement correct, mais au moins, mon message passe clairement sans pour autant être agressif ni violent.

 

3. Pas de télé à toute heure. Elles ont évidemment déjà vu des dessins animés, sur des DVD pour commencer (au moins je zappe la pub et je contrôle la durée), et maintenant quelques uns à la TV. Mais pas tous les jours, et pas pendant 3 heures. Et elles ne touchent pas la télécommande.

La télé n’est jamais allumée le matin. D’abord parce que je suis totalement allergique à la TV le matin, et ensuite parce qu’on n’aurait pas le temps.

Inutile de dire qu’elles ne sont pas prêtes d’avoir une télé dans leur chambre.

4. Ne pas leur acheter systématiquement quelque chose à longueur d’année. J’avoue il m’est arrivé de le faire, genre j’achète 1, euh non pardon, 2 magazines, 2 petits livres, 2 vêtements pour mes filles, que ce soit en cédant à leur demande, ou simplement parce que je voyais quelque chose que j’avais envie de leur offrir. Certes c’était des bricoles pas forcément très chères, mais à leur âge, la notion de cher ou par cher est totalement abstraite.

Par contre, elles avaient bien pigé qu’on leur achèterait une bricole trop très souvent, et ça finissait par devenir un dû tout en perdant de sa magie. Alors, on a donc rectifié le tir et désormais, c’est non, au risque de déclencher des hurlements. Ça reste non. Ok, j’ai des rechutes, de + en + rares, quand je suis dans le mood “Maman veut faire plaisir à ses filles”, mais je me soigne.

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Halte à l’hypersexualisation des enfants

Est-ce que c’est parce que je suis Maman de 2 filles ? est-ce que c’est parce que j’ai eu autour de moi des très jeunes ados victimes d’anorexie ? est-ce aussi parce qu’on voit trop de faits divers dramatiques ? Possible. Toujours est-il que je tente de limiter au maximum tout ce qui peut s’apparenter à l’hypersexualisation :

5. Oreilles percées. C’est non, par choix, par conviction, mes filles choisiront à l’adolescence si elles souhaitent se faire percer les oreilles. Ou pas. Outre le fait que ce n’est pas dans ma culture, je ne me vois pas leur “imposer” une “cicatrice” qu’elles ne pourront ensuite pas effacer si jamais ça ne leur plaisait pas.

Je vous rassure, je ne serai pas aussi “rude” que les Britanniques qui vont jusqu’à parler de “cruauté servant à satisfaire la vanité des parents” dans une pétition en ligne.

6. Bikinis : puisqu’on est au cœur de l’été, j’ai déjà consacré un billet tout récent sur comment choisir les maillots de bain pour mes filles. En résumé, pas de haut de maillot de bain type bikini triangle pour mes filles, qui n’ont que 5 ans.

J’ai opté soit pour le 1 pièce, soit pour le bas du bikini tout seul lorsqu’on est à la maison.

7. Chaussures à talons : non mais des talons dès 3 -4 ans ? Encore Non. Mes filles ne s’appellent pas Suri Cruise, et outre le fait que c’est pas forcément ce qu’il y a de plus confortable ou de plus sain pour les chevilles des petites filles, c’est encore non.

Même si elles rêvent d’avoir les souliers de Cendrillon, et on en voit dans les magasins, je leur réponds tout simplement que 1/ c’est non 2/ c’est moche 3/ elles pourraient se faire très mal à la cheville et ne pourraient plus marcher ensuite 4/ c’est Maman qui décide.

8. Maquillage et vernis à ongles : dans les magasins, souvent devant les caisses et à la hauteur des yeux des enfants, on voit des vernis à ongle et des boites de maquillages pour les petites, mais non pas du maquillage pour se déguiser, non, du maquillage pour faire comme Maman.

A 4-5 ans, le maquillage pour imiter Maman est hors de question. Ma réponse dans ces cas là ? “vous ferez comme Maman quand vous aurez l’âge d’être comme Maman“… elles persistent … et finalement admettent qu’elles pourront mettre du maquillage quand elles seront au lycée.

J’ai 10 ans devant moi. Enfin j’espère.

9. Pas de photos de mes filles sur les RS. Je mets quelques photos de dos, tronquées, mais aucune photo de leurs visages ici. Pourquoi ? parce que je sais qu’une fois ces photos postées, je ne les maitrise plus, parce que je n’ai pas envie qu’à 5 ans elles se transforment en petites fashionistas, et surtout parce que je n’ai pas envie de jouer avec leur image.

Et je n’ai pas envie de risquer de retrouver leurs visages sur des sites douteux.

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Et le meilleur pour la fin ?

10. Ne pas utiliser nos smartphones ou ordi. C’est chasse gardée, elles n’ont pas le droit de les toucher depuis que vers l’âge de 18 mois, l’une d’entre elles a attrapé mon phone, l’a déverrouillé et est allée effacer mes bookmarks.

PS : Merci à Steve d’avoir conçu une technologie et des appareils à croquer (la pomme, vous me suivez) à la portée d’un enfant de 2 ans 🙂

Bref, outre le fait que l’exposition aux ondes n’est pas nécessairement ce qu’il y a de mieux pour elles, elles ont une tablette adaptée à leur âge et non connectée au wifi. Chacun ses jouets 🙂

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Astuce : ne pas hésiter à s’envoyer des SMS entre parents pour vérifier qu’on est bien sur la même longueur d’ondes. Nos enfants sont de vraies crapules, ils sont capables de vous dire droit dans les yeux que Papa ou Maman est d’accord pour regarder le dessin animé alors que vous avez dit non 5 minutes auparavant …

Avouez le, ça vous est déjà arrivé non ?

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Voilà où nous en sommes à l’heure actuelle. Mon petit doigt me dit que nous allons devoir continuer à nous adapter, et à ajuster nos principes éducatifs actuels.

C’est la raison pour laquelle moi, je prendrai bien un abonnement au SPA, à vie, pour retrouver cette zénitude qui peut parfois, ô inconsciente, ne pas répondre présente …

Et chez vous, comment ça se passe ?